TE LAISSER PARTIR, Clare Mackintosh

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    Voilà un bon roman lu la semaine dernière, captivant, surprenant, un peu tiré par les cheveux certes, mais qui nous malmène et nous surprend. C’est tout à fait ce qu’il me fallait entre les corrections de brevet blanc et la préparation de cours pour me détendre le soir :  » Un soir de pluie à Bristol, un petit garçon est renversé par un chauffard qui prend la fuite. L’enquête démarre, mais atteint rapidement son point mort. Le capitaine Ray Stevens et son équipe n’ont aucune piste. Rien. Après cette nuit tragique, Jenna a tout quitté et trouvé refuge au pays de Galles, dans un cottage battu par les vents. Mais plus d’un an après les faits, Kate, une inspectrice de la criminelle, rouvre le dossier du délit de fuite. »

Une intrigue bien ficelée, que l’on croit au départ un peu cousue de fil blanc et qui nous laisse sans voix à mi-parcours : on peut dire que le lecteur tombe de haut et j’ai vraiment apprécié cette surprise. Un roman qui vaut le détour quand on cherche une lecture divertissante.

 

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MERCY MARY PATTY, Lola LAFON

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Lola Lafon s’empare de l’histoire de Patricia Hearst, cette héritière d’un magnat de la presse qui fut enlevée en février 1974 par un mystérieux groupe révolutionnaire, le SLA. Au lieu de demander une rançon, le groupe demande à ce que la famille de Patty distribue des repas aux nécessiteux. Cette histoire a tenu l’Amérique en haleine car la fille de bonne famille s’est alliée à ses ravisseurs, semble avoir rejoint leur cause… Elle crache dans la main qui l’a nourrie comme lui on reprochait certains à l’époque, mais elle fut aussi adulée par d’autres (tee-shirt à son effigie, manifestation…).

Lola Lafon choisit une narration complexe – un peu confuse parfois – pour raconter cette histoire-là, c’est dommage car l’histoire est vraiment passionnante : comprendre comment Patty a pu faire ce choix, participer à un hold-up, tourner le dos à sa famille… On lit, on se perd à regret, mais on suit malgré tout le fil de ce drame… Comment ne pas compatir avec cette jeune fille qui voit sa vie négociée par ses parents ?!

L’écriture de Lola Lafon m’a déstabilisée parfois et je suis curieuse de lire un autre de ses romans afin de voir si le style était propre à cette histoire ou pas. Peut-être La Petite communiste qui ne souriait jamais, sorti en 2014 ? A suivre…

LE COMBAT D’HIVER, Jean-Claude Mourlevat

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Voilà un classique de la littérature de jeunesse contemporaine que je n’avais toujours pas lu, le livre était pourtant sur mes étagères depuis longtemps. C’est grâce à mes 3° que je l’ai lu : ils m’ont réclamé des titres au choix pour la lecture des vacances et j’ai donc dû lire ce roman afin de pouvoir leur en parler.

« Quatre adolescents, évadés de leur orphelinat-prison, reprennent la lutte perdue par leurs parents quinze ans plus tôt. Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, semble désespéré. Et pourtant… »

L’auteur dit avoir voulu montrer le combat de la culture contre la barbarie et c’est vraiment réussi. Les élèves ont aimé les personnages de cette histoire, des adolescents confrontés à des situations difficiles qui les font grandir brutalement. J’ai aussi aimé cette histoire mais ce n’est pas un coup de coeur. Bien sûr je reconnais le talent indéniable de Mourlevat, mais je n’ai pas été captivée par ce roman, je l’ai apprécié, et je l’ai conseillé parce que cette histoire de combat, de résistance et de renaissance est belle, tout simplement.

 

SIMPLE, MARIE-AUDE MURAIL

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 Voilà mon coup de coeur du mois de mars pour la littérature jeunesse : Simple de Marie-Aude Murail. L’histoire de deux frères : l’un a 17 ans et s’appelle Kléber, l’autre a 21 ans, s’appelle Barnabé, mais son surnom c’est Simple car il a 3 ans d’âge mental. Kléber est projeté très tôt dans le rôle d’aîné, il doit gérer ce grand frère qui n’en a que le nom mais pas la statut. Ne supportant pas de voir son frère enfermé dans un institut auquel le destine son père qui souhaite s’en débarrasser, Kléber décide de prendre un appart avec Simple, ils vont trouver une colocation avec des étudiants et nous assistons à cette drôle de cohabitation ! C’est amusant et émouvant à la fois, car Simple est tellement attachant et Kléber aussi, lui qui se démène pour son frère mais qui aimerait aussi mener sa vie de jeune adulte comme tous les autres. Et que dire de M.Pimpin, l’éternel compagnon de jeux de Simple, un lapin en peluche un brin machiavélique car il n’est pas toujours de bons conseils (!) mais qui est aussi capable de vous tirer des larmes quand Simple joue avec lui et ne fait qu’exprimer en fait ce qu’il ressent au fond de lui… On ne peut pas ne pas aimer ce livre, un vrai coup de coeur !

UNE BOUTEILLE DANS LA MER DE GAZA, Valérie Zenatti

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    Voilà un livre que je voulais lire depuis quelques années. Voulant le donner à lire à mes 3°, je l’ai lu le week-end dernier et j’ai vraiment apprécié cette lecture : voilà un roman très instructif qui permet de mieux comprendre ce qu’est la bande de Gaza et ce qui déchire les palestiniens et les israëliens depuis trop longtemps déjà.

Tal est une jeune israëlienne qui ressent le besoin de savoir ce qui se passe vraiment en Palestine : elle aimerait pouvoir communiquer avec une palestinienne. Pour cela, elle glisse une lettre à l’intérieur d’une bouteille qu’elle confie à son frère, soldat dans la bande de Gaza… C’est un jeune palestinient, Naïm, qui trouve cette bouteille. La curiosité le pousse à envoyer un premier mail à Tal, puis une communication atypique s’installe entre les deux jeunes gens. A travers leur histoire, on cerne peu à peu la violence quotidienne dans laquelle ils vivent ainsi que la haine de l’autre dans laquelle ils ont été élevés malgré eux mais à laquelle ils n’adhèrent pas. En effet, les parents de Tal m’ont beaucoup rappelé les parents de Marjane Satrapi dans Persepolis, des gens faisant preuve d’une ouverture d’esprit forte  et à contre-courant qui leur permet de transmettre de belles valeurs à leurs enfants. Un roman riche à lire absolument.

 

LA BALEINE THEBAIDE, Pierre RAUFAST

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C’est toujours un bonheur que de lire Pierre Raufast. Je le trouve inimitable comme auteur, ses romans sont toujours foisonnants et jubilatoires et ne peuvent laisser indifférents !

Un roman de Pierre Raufast c’est comme une matriochka, chaque chapitre est une poupée et à la fin toutes les poupées se rassemblent en une seule qui forme un roman cohérent, pertinent, déroutant souvent, original (mais où va-t-il diable chercher toutes ces idées ?!!). Je suis fan absolue.

 » Fraîchement diplômé, Richeville, jeune homme timide et idéaliste embarque au nord de l’Alaska, sur un bateau. Objectif : retrouver la fameuse  » baleine 52 « , qui chante à une
fréquence unique au monde. Mais l’équipage affrété par le sinistre Samaritano Institute a d’autres desseins. Au menu : le sinistre Dr Alvarez, un hacker moscovite, une start-up californienne, une jolie libraire et des cétacés solitaires, mutants ou électroniques qui entraînent Richeville dans un tourbillon d’aventures extraordinaires. »

Oui, un roman qui suit le parcours de Richeville, parcours atypique semé de rebondissements dingues. Jusqu’à la fin et ce clin d’oeil à Rimbaud au détour d’une page…mais je ne peux en dire plus.

LISEZ Pierre RAUFAST !

UGLIES, S.Westerfeld

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Encore une lecture bouclée pour mes élèves. Voici une dystopie : un monde dans lequel il faut obligatoirement être beau…intrigant, non ?

« Dans le monde de l’extrême beauté, les gens normaux sont en danger.

Tally aura bientôt 16 ans. Comme toutes les filles de son âge, elle s’apprête à subir l’Opération et à intégrer la caste des Pretties. Dans ce futur paradis, Tally n’aura plus qu’une préoccupation, s’amuser… Mais la veille de son anniversaire, Tally découvre le monde des rebelles. Là-bas, elle apprend que la beauté parfaite et le bonheur absolu cachent plus qu’un secret d’État : une manipulation.
Que va-t-elle choisir ? Devenir rebelle et rester laide à vie, ou succomber à la perfection ? »

   J’ai été agréablement surprise par ce roman de littérature jeunesse qui est plutôt de bonne facture ; il évoque avec intelligence et finesse un problème de société : le culte du beau. Il a remporté un grand succès auprès des ados et je n’en suis pas étonnée : les personnages sont bien travaillés, les histoires d’amitié et d’amour au coeur du livre n’en font pas un roman gnangnan, les préoccupations de ces ados sont intéressantes et renvoient à celles des ados d’aujourd’hui. La fin, quant à elle, est audacieuse et permet à l’auteur de proposer d’autres tomes pour suivre le personnage de Tally, les Fumants et les Pretties.

TROUVER LES MOTS, Gilles Abier

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J’ai lu ce livre en attendant que mes enfants choisissent leurs livres à la médiathèque. Je me suis assise, j’ai lu les premières lignes et j’ai eu tout de suite envie d’aller au bout pour connaître cette histoire :

« Les parents de Gabriel, 16 ans, attendent que leur fils s explique sur le coup de fil qu il a reçu la veille. Hier après-midi, son cousin l’a appelé durant douze minutes et vingt-trois secondes… Mais que dire quand on n a pas su soi-même trouver les mots pour éviter le pire ? »

Ce court roman est plutôt destiné à des lycéens, même s’il aborde des thèmes qui peuvent toucher les collégiens c’est vrai. Il a le mérite de montrer comment un adolescent peut vite se retrouver dépasser par l’utilisation des réseaux sociaux ou la perversité des rapports humains sur internet, comment un adolescent se retrouve aussi acculé et ne voit pas comment en sortir, comment en parler ou à qui en parler… Il adopte le point de vue de Gabriel qui, lui, s’es trouvé désemparé…d’où le titre… Trouver les mots pour écouter, pour réconforter, pour relativiser, pour avouer, pour remonter le moral, pour consoler, pour pleurer… Le titre est vraiment bien trouvé et on trouve cette expression à la première ligne du roman ainsi qu’à la dernière. Une boucle bouclée… mais avec un champ de possibles vaste…

Le texte est brut et ne fait pas dans le sentimental, mais il parvient à nous toucher en nous faisant réfléchir subtilement. A lire à partir de la classe de seconde.

EN SACRIFICE A MOLOCH, Asa Larsson

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Voilà un polar suédois qui a su m’embarquer cette première semaine de vacances : une narration qui alterne deux époques pour donner un éclairage sur l’intrigue principale. Une atmosphère bien travaillée, des personnages atypiques et étoffés, et une histoire qui vous tient en haleine d’un bout à l’autre du livre, qui dit mieux ?!

« Au terme d’une traque impitoyable dans les forêts de Lainio, en Laponie suédoise, un ours féroce est abattu. Dans sa panse : les restes d’un homme…
Cette macabre découverte est suivie quelques mois plus tard par l’assassinat d’une femme à coups de fourche. Chargée de l’enquête, la procureure Rebecka Martinsson ne tarde pas à recouper ces faits a priori sans rapport : les deux victimes avaient un lien de parenté ; ils étaient père et fille. Mais ils ne sont ni les premiers ni les derniers à disparaître, comme si une étrange malédiction frappait leur famille… »

J’aime les histoires qui reposent sur de lourds secrets…et c’est évidemment le cas ici. De plus, les chapitres qui racontent la vie d’une jeune femme institutrice épris d’un grand patron est vraiment prenante, d’autant plus quand on commence à voir les liens se dessiner avec la trame principale située à notre époque.

Un polar très réussi que je vous recommande aujourd’hui !

LES OPTIMISTES MEURENT EN PREMIER, Susin NIELSEN

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Quel drôle de titre ! On a forcément envie de lire ce roman pour comprendre l’étrangeté de ce titre me semble-t-il ! C’set chose faite. Je l’ai vivement conseillé à mes élèves de 4° avec qui j’ai travaillé sur la différence et la beauté en étudiant Cyrano de Bergerac. Ici il est question de Petula qui, depuis la mort de sa jeune soeur, a développé tout un tas de TOC. Au groupe d’Artpsy auquel elle est forcée de participer au lycée, elle voir arriver « l’homme bionique », Jacob, qui a un bras en titane ! Chacun va-t-il parvenir à se délivrer de ses secrets, de ses poids trop lourd à porter pour des personnes si jeunes ?

Ce roman se dévore ! Je l’ai lu en une soirée (et une nuit : merci mes insomnies !). Il n’est en rien complaisant avec les ados qui s’embourbent dans leur mal-être. L’éclairage qu’il en propose est fort pertinent d’ailleurs et le personnage de Jacob est stimulant : il a un regard bienveillant sur le groupe Artpsy et ses ados « tarés » (c’est ainsi que certains les désignent) et il va leur être d’un grand secours quand lui-même ne parvient pas à s’aider…On ne peut qu’être séduit par cette histoire sensible.

Je terminerai sur une citation de l’auteur évoquant son roman :  » Il répond au rôle de la littérature, celui de construire des êtres humains complets, empathiques : et cela ne m’étonne pas du tout que Donald Trump ne soit pas lecteur. »