J’AI LONGTEMPS EU PEUR DE LA NUIT, Yasmine GHATA

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C’est une belle découverte que ce roman prêté par une de mes collègues à qui j’avais conseillé dans l’année de lire Petit Pays de Gaël Faye. Le lien est en effet évident entre ces deux ouvrages : aborder par la fiction le sujet douloureux du génocide rwandais.

Dans J’ai longtemps eu peur de la nuit, une jeune femme anime un atelier d’écriture une heure par semaine auprès d’adolescents. Elle leur propose de partir d’un objet, un objet qui leur est cher, un objet qui est dans la famille depuis longtemps, qui a une histoire… La semaine suivante, elle repère un jeune garçon prénommé Arsène qui a amené une photo de l’objet trop encombrant : une valise. A partir de là, elle sent qu’Arsène a besoin de parler de cet objet qui vient du Rwanda, elle ne le brusque pas, elle sait le faire venir à elle en lui donnant confiance et progressivement nous allons découvrir ce qui lie cet adolescent à cette valise.

Le récit, très simplement écrit, est vraiment émouvant. Le parcours d’Arsène est incroyable et on lit avec avidité les pages qui nous racontent comment il a pu survivre alors que sa famille n’a pas eu cette chance et comment il s’est retrouvé en France. On comprend aussi la raison de ce titre : « J’ai longtemps eu peur de la nuit ». On s’émeut de la  » relation  » qu’entretient Arsène avec cette valise mais que chaque personnage semble comprendre aisément une fois qu’il a eu connaissance de la vie d’Arsène ou ne serait-ce que connaissance d’où il vient. On ne peut s’empêcher de penser d’ailleurs à la chanson de Corneille « Parce qu’on vient de loin »… En parallèle on suit aussi le chemin de deuil de Suzanne, celle qui anime l’atelier d’écriture, et qui fait écho à celui d’Arsène. Je ne peux pas révéler trop de choses sur ce petit roman, tout en délicatesse et émotions, mais je vous le conseille vivement !

NYMPHEAS NOIRS, Michel BUSSI

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Voilà un roman dont j’avais beaucoup entendu parler et que je n’avais toujours pas lu ; il était donc sur ma PAL de l’été.

L’intrigue est simple : un meurtre commis à Giverny, ville célèbre en raison de Claude Monet. Celui-ci sera d’ailleurs omniprésent  dans le roman, non pas qu’il soit un personnage de l’histoire, mais l’auteur s’est documenté de manière approfondie pour faire ce roman et chaque chapitre nous livre des anecdotes passionnantes sur Monet et ses confrères – j’ai apprécié ce côté documentaire du roman d’ailleurs. Un jeune commissaire récemment nommé enquête, il est rapidement sous le charme de Stéphanie, la belle institutrice de Giverny, épouse du principal suspect. Il est aussi question en parallèle d’une vieille dame qui observe et voit tout. Les histoires s’imbriquent, les liens se nouent, mais le lecteur ne voit pas où l’auteur veut le mener et c’est ce qui fait la qualité de ce roman : j’ai été surprise par la grande révélation qui tient à la construction du roman : bravo !

L’ENFANT DES OMBRES, MOKA

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Après avoir lu cet été un roman conseillé par mon fils, voilà une lecture conseillée par ma nièce Maria : L’Enfant des ombres de Moka.

De quoi s’agit-il ?  » Morgane est la seule à voir les ombres. Dès qu’elle est seule dans les couloirs du lycée, elles apparaissent sur les murs. Ces temps-ci, elles se font de plus en plus menaçantes. Un jour, le pire se produit. Pourtant ce n’est que le commencement. Les phénomènes étranges s’accumulent. Le concierge de l’établissement passe ses journées à remplacer les ampoules électriques dans les couloirs et les escaliers, mais il y fait toujours noir. Les accidents se multiplient. Un professeur meurt brutalement. C’est aussi le moment que Camilia et ses amis ont choisi pour créer un club secret dont le but est de se réunir la nuit, dans le grenier au-dessus des dortoirs… »

J’ai apprécié cette lecture qui m’a rappelé des romans comme Les Disparus de Saint-Agil ou bien la série des Sans-Atout ou bien Le Club des cinq, mais ici ce roman s’adresse aux ados de 12 ans minimum, car certains passages sont tout de même durs et peuvent faire peur( il y a tout de même des morts, ce qui n’est pas le cas dans les romans cités précédemment). J’ai aimé le personnage de Camilia, mais celui de Morgane m’a un peu effrayée d’autant qu’elle évolue au fil de l’histoire et… brrrr ! Certains passages sont très cinématographiques et doivent donner des frissons aux jeunes lecteurs (je pense au moment où une des amies de Camilia se retrouve seule dans le dortoir attaquée par les ombres…on tremble avec elle).

Sinon je me pose des questions sur la fin du roman qui a dû laisser certains jeunes lecteurs perplexes car c’est une fin ouverte et on n’a pas forcément la sensation d’avoir eu les réponses à toutes nos questions. Je trouve que c’est bien d’habituer les ados à ce genre de fin : à eux de s’emparer de l’histoire et d’imaginer la suite, d’assembler certaines informations comme bon leur semble…  Une lecture à conseiller, sans hésiter.

UNE JEUNESSE AU TEMPS DE LA SHOAH, Simone Veil

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Voilà une lecture que je n’avais jamais pris le temps de faire et que la mort de son auteur a fait resurgir dans l’actualité au début de l’été et m’a donné envie de découvrir. Je dois dire que j’ai dévoré ce livre en une soirée, je n’ai pas pu le lâcher et je compte bien le faire lire à mes élèves de 3° à la rentrée. Je sais que ce n’est pas évident d’évoquer un tel sujet avec les élèves, que pour certains ça leur paraît trop lointain, qu’ils ont l’impression qu’on leur rabat les oreilles avec la Shoah, etc. Mais je suis convaincue que ce récit autobiographique – extrait de l’autobiographie Une Vie, titre choisi en raison de son goût pour Maupassant – ne les laissera pas indifférents : l’enfance et l’adolescence heureuses de Simone Veil foudroyées par la déportation, puis le retour à la vie, comment reprendre une vie normale après avoir vécu, subi, été témoin de tant d’horreurs… Etre celle qui est revenue alors que tant d’autres n’ont pas eu cette chance… Ce récit permet aussi de réaliser, une fois de plus, que parfois la vie de quelqu’un dépend de peu de choses : une rencontre, un concours de circonstances, une remarque.

Simone Veil a dit :   » L’idée d’extraire de ma biographie les quelques passages qui peuvent être regardés comme d’utile pédagogie vis-à-vis de la jeunesse d’aujourd’hui m’a paru séduisante. » Elle avait raison et j’ai hâte de connaître le ressenti de mes élèves qui, j’espère, seront sinon admiratifs du moins respectueux devant le témoignage de cette grande dame.

WONDERPARK, tome 1  » Libertad », Fabrice Colin

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Aujourd’hui je vous présente un roman que mon fils a lu ce mois-ci et qu’il a beaucoup aimé. Du coup, il l’a passé à sa grande soeur, puis à moi, et je pense que mamie va le récupérer ce soir ! C’est sympa le principe du livre lu par toute la famille pour pouvoir ensuite en discuter. Là il suivait mon avancée dans la lecture – roman de 150 pages environ – car il avait hâte de savoir comment j’allais réagir au dernier chapitre et si j’avais aimé le même passage que lui.

L’histoire est toute simple :  » À l’école, Jenn et son frère, Mervin, ont fait la connaissance d’une fille au nom étrange : Orage. Son père est le concepteur de WonderPark, un parc d’attractions mystérieux et désaffecté. Quand leur nouvelle amie leur propose de visiter l’endroit, Jenn et Mervin sont ravis. Mais à peine sont-ils entrés dans le parc que Zoey, leur petite sœur, disparaît. Les enfants découvrent alors que WonderPark est le portail de mondes magiques et pourtant bien réels. Sans hésiter, Jenn, Mervin et Orage s’engouffrent dans Libertad, le monde des pirates, où la traîtrise est un art et le courage une nécessité. « 

Se balader dans un parc d’attractions…qui n’en a pas rêvé ? Pas étonnant que cette série destinées aux enfants à partir de 8 ans plaise autant aux filles qu’aux garçons car chacun y a sa place et chaque lecture trouvera de quoi se réjouir en suivant les aventures de Jenn, Mervin et Orage. Les illustrations parsemées dans les chapitres sont aussi séduisantes que l’histoire. Mon fils a déjà commencé le tome 2 !

ATELIER ATTRAPE-REVES à la maison

Rien ne vaut un temps pluvieux comme aujourd’hui pour lancer un petit atelier « fabrication d’attrape-rêves » avec les enfants ; ça a fonctionné du tonnerre ! Je les ai aidés pour faire les noeuds afin que ça tienne bien sur le cercle pris comme support. Ensuite, ils ont pioché dans mon stock de laine, de rubans, de perles et hop, voilà le résultat :

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Inutile de vous préciser lequel a fait mon fils et lequel a fait ma fille !!

STATION ELEVEN, Emily ST-JOHN MANDEL

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Voilà un roman d’anticipation fort bien écrit que j’ai pris plaisir à découvrir ce mois d’août. Je ne suis pas fan de science-fiction mais j’aime les récits de dystopie, dans lesquels on imagine ce qui se passerait si une pandémie ravageait la population, etc. C’est ce qui se passe dans Station Eleven. Ce qui en fait un roman de qualité ce sont les choix narratifs opérés par l’auteur : on navigue de personnage en personnage et on dévoile progressivement les liens qu’il y a entre eux, leur vie d’avant, comment la pandémie a fait rage et ce qu’ils vont devenir. Ce qui fait que chaque grande partie amène son lot de révélations et permet de s’attacher à chaque personnage qui compose les survivants.

Que reste-t-il quand tout s’effondre ? c’est la question que s’est posée l’auteur de Station Eleven pour envisager de manière originale ce  roman d’anticipation et imaginer une troupe itinérante jouant du Shakespeare, avouez que ce n’est pas banal ! J’ai aimé la manière dont elle présente les événements. Un bon roman que je suis ravie d’avoir lu : il m’a rappelé ma lecture de La Route de Cormac McCarthy que j’avais beaucoup aimé aussi.

LE VERTIGE DES FALAISES, Gilles PARIS

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 » Sur une île sauvage et désertée, Marnie, adolescente effrontée et fragile, vit au-dessus des falaises au cœur d’une imposante maison de verre et d’acier avec sa mère Rose et sa grand-mère Olivia, qui règne sur la famille et sur l’île tout entière.
Des plaines aux herbes hautes, des sentiers au bord de mer, la nature se révèle aussi cruelle que les mystères trop longtemps ensevelis.
Et si une seule personne détenait tous les secrets de cette famille et s’en libérait enfin ? « 

J’ai toujours aimé les romans se déroulant sur une île, sûrement depuis un de mes premiers chocs littéraires : Les Dix petits nègres. Ici, nous ne sommes pas dans un roman policier, malgré tout ce roman se lit comme une intrigue policière car les secrets sourdent à chaque page et on a hâte de les découvrir. Le récit est pris en charge par des narrateurs différents ce qui permet de dévoiler progressivement les multiples facettes de l’histoire de ces 3 femmes – la grand-mère, la mère et la fille, Marnie, adolescente attachante et atypique qui mène très souvent le récit- à qui les hommes n’ont rien épargné. Chaque voix dévoile un secret ce qui participe à une certaine tension dans le récit à laquelle s’ajoute un décor assez hostile. Cela ne nous empêche pas d’être sous le charme envoûtant de cette île.

Comme une saga romanesque, ce roman vous emporte et vous regrettez de quitter les personnages à la dernière page du livre. Poésie, mélancolie, mystère…une lecture idéale pour l’été 🙂 (oui, je sais, encore une !!).

MINIATURISTE, JESSIE BURTON

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Voici mon coup de coeur du mois de juillet : Miniaturiste de Jessie Burton, récemment sorti en poche chez Folio. J’avais repéré ce roman quand il était paru l’année précédente, un article dans ELLE m’avait donné envie de le découvrir et pour le savourer je me l’étais mis de côté pour le lire pendant l’été, un peu comme quand on garde pour la fin du repas le petit dessert tant convoité. Il est vrai que l’intrigue me renvoyait à un de mes livres préférés lu il y a très longtemps maintenant : La jeune Fille à la perle de Tracy Chevalier. En voici l’intrigue présentée par la 4°de couverture :

« Nella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, riche marchand, il vit dans une opulente demeure entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. Johannes offre à son épouse une maison de poupée représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de mettre peu à peu au jour de dangereux secrets… S’inspirant d’une maison de poupée exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, Jessie Burton livre ici un premier roman haletant, et dessine le portrait d’une femme résolument moderne, déterminée à affirmer son existence dans un monde hostile, où la rigueur morale le dispute à l’intransigeance religieuse. »

Ce premier roman est une vraie réussite. J’ai été happée par cette histoire dès le départ et je me suis même levée aux aurores un matin pour avoir 2h de tranquillité assurée pour le terminer ! Le personnage de Petronella est attachant et on suit avec passion cette histoire dans le Amsterdam protestant du XVII° siècle. L’intrigue relève presque d’un thriller haletant…les sombres secrets que découvre l’héroïne nous font frissonner et craindre le pire… Un roman somptueux à lire absolument !

#Yarn bombing à la Rochelle

Chaque été, je fais des photos de yarn bombing – cette technique qui consiste à investir la ville en recouvrant des objets, des arbres , etc, à base de fil – au gré de nos balades estivales. Cette année, c’est dans le jardin de Plantes de La Rochelle que je me suis extasiée devant tant de gaieté colorée ! Quel boulot ! Moi je suis fan, d’autres trouvent cela très kitsch, mais cela ne peut jamais laisser indifférent ! Très envie de tenter l’expérience un de ces jours.

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Et mon préféré :

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