TROUVER LES MOTS, Gilles Abier

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J’ai lu ce livre en attendant que mes enfants choisissent leurs livres à la médiathèque. Je me suis assise, j’ai lu les premières lignes et j’ai eu tout de suite envie d’aller au bout pour connaître cette histoire :

« Les parents de Gabriel, 16 ans, attendent que leur fils s explique sur le coup de fil qu il a reçu la veille. Hier après-midi, son cousin l’a appelé durant douze minutes et vingt-trois secondes… Mais que dire quand on n a pas su soi-même trouver les mots pour éviter le pire ? »

Ce court roman est plutôt destiné à des lycéens, même s’il aborde des thèmes qui peuvent toucher les collégiens c’est vrai. Il a le mérite de montrer comment un adolescent peut vite se retrouver dépasser par l’utilisation des réseaux sociaux ou la perversité des rapports humains sur internet, comment un adolescent se retrouve aussi acculé et ne voit pas comment en sortir, comment en parler ou à qui en parler… Il adopte le point de vue de Gabriel qui, lui, s’es trouvé désemparé…d’où le titre… Trouver les mots pour écouter, pour réconforter, pour relativiser, pour avouer, pour remonter le moral, pour consoler, pour pleurer… Le titre est vraiment bien trouvé et on trouve cette expression à la première ligne du roman ainsi qu’à la dernière. Une boucle bouclée… mais avec un champ de possibles vaste…

Le texte est brut et ne fait pas dans le sentimental, mais il parvient à nous toucher en nous faisant réfléchir subtilement. A lire à partir de la classe de seconde.

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EN SACRIFICE A MOLOCH, Asa Larsson

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Voilà un polar suédois qui a su m’embarquer cette première semaine de vacances : une narration qui alterne deux époques pour donner un éclairage sur l’intrigue principale. Une atmosphère bien travaillée, des personnages atypiques et étoffés, et une histoire qui vous tient en haleine d’un bout à l’autre du livre, qui dit mieux ?!

« Au terme d’une traque impitoyable dans les forêts de Lainio, en Laponie suédoise, un ours féroce est abattu. Dans sa panse : les restes d’un homme…
Cette macabre découverte est suivie quelques mois plus tard par l’assassinat d’une femme à coups de fourche. Chargée de l’enquête, la procureure Rebecka Martinsson ne tarde pas à recouper ces faits a priori sans rapport : les deux victimes avaient un lien de parenté ; ils étaient père et fille. Mais ils ne sont ni les premiers ni les derniers à disparaître, comme si une étrange malédiction frappait leur famille… »

J’aime les histoires qui reposent sur de lourds secrets…et c’est évidemment le cas ici. De plus, les chapitres qui racontent la vie d’une jeune femme institutrice épris d’un grand patron est vraiment prenante, d’autant plus quand on commence à voir les liens se dessiner avec la trame principale située à notre époque.

Un polar très réussi que je vous recommande aujourd’hui !

LES OPTIMISTES MEURENT EN PREMIER, Susin NIELSEN

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Quel drôle de titre ! On a forcément envie de lire ce roman pour comprendre l’étrangeté de ce titre me semble-t-il ! C’set chose faite. Je l’ai vivement conseillé à mes élèves de 4° avec qui j’ai travaillé sur la différence et la beauté en étudiant Cyrano de Bergerac. Ici il est question de Petula qui, depuis la mort de sa jeune soeur, a développé tout un tas de TOC. Au groupe d’Artpsy auquel elle est forcée de participer au lycée, elle voir arriver « l’homme bionique », Jacob, qui a un bras en titane ! Chacun va-t-il parvenir à se délivrer de ses secrets, de ses poids trop lourd à porter pour des personnes si jeunes ?

Ce roman se dévore ! Je l’ai lu en une soirée (et une nuit : merci mes insomnies !). Il n’est en rien complaisant avec les ados qui s’embourbent dans leur mal-être. L’éclairage qu’il en propose est fort pertinent d’ailleurs et le personnage de Jacob est stimulant : il a un regard bienveillant sur le groupe Artpsy et ses ados « tarés » (c’est ainsi que certains les désignent) et il va leur être d’un grand secours quand lui-même ne parvient pas à s’aider…On ne peut qu’être séduit par cette histoire sensible.

Je terminerai sur une citation de l’auteur évoquant son roman :  » Il répond au rôle de la littérature, celui de construire des êtres humains complets, empathiques : et cela ne m’étonne pas du tout que Donald Trump ne soit pas lecteur. » 

 

LA SALLE DE BAL, Anna Hope

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Qui peut résister devant une si belle couverture ? Certainement pas moi ! La salle de bal c’est cette pièce incongrue au sein d’un asile…elle fait la jonction entre le bâtiment des hommes et celui des femmes et le temps d’un soir, si leur nom apparaît sur la liste, hommes et femmes s’y croisent pour danser, le tout dirigé par Charles un médecin qui se passionne pour les théories eugénistes de l’époque… C’est ainsi que se rencontrent Ella, jeune femme ayant eu le malheur de commettre un geste un peu irréfléchi à son travail, et John qui expie son passé dans cet asile. Le temps d’une danse il va lui proposer de lui écrire des lettres – pour lui parler de l’extérieur, interdit aux femmes – mais il ne sait pas qu’Ella ne sait pas lire… Clem, une amie, va alors lui lire ce que John lui envoie…Cyrano n’est pas loin, on le comprend bien ! Mais cette histoire va loin et Charles, le médecin ambitieux, ne va pas le supporter…

Un roman passionnant inspiré d’une histoire vraie si l’on en croit la dédicace au début du roman…glaçant !