PETIT POILU, Le prince des oiseaux, Pierre Bailly et Céline Fraipont

51s2klizptl-_sx369_bo1204203200_

Grâce au Père-Noël, nous avons lu cette semaine le tome 19 des aventures de Petit Poilu : Le Prince des Oiseaux. Dans ce nouveau tome, Petit Poilu rencontre le prince des oiseaux qui est très malheureux enfermé dans sa cage dorée. Tout ce qui l’entoure est blanc ou gris, seul Topor l’affreux corbeau qui ne le lâche pas d’une semelle est noir et toujours en colère. Petit Poilu tente de divertir le prince des oiseaux en sortant des jouets de son sac à dos, mais Topor les détruit à chaque fois…Petit Poilu est triste mais n’a pas dit son dernier mot ! Il sort alors une palette de peinture et des pinceaux…

Ce tome est vraiment réussi : l’histoire contée – seulement avec des images, c’est le principe de la série des Petit Poilu – est riche de réflexions à creuser avec les enfants  comme à chaque fois, mais j’ai vraiment trouvé que ce tome permettait d’expliquer aux enfants que parfois les gens sont tristes, sans trop savoir pourquoi, qu’ils ont des idées noires, qu’ils s’enferment, etc mais qu’il suffit qu’on leur prête attention, qu’on leur propose des choses nouvelles pour leur redonner le goût de vivre ! Bref, une fois de plus un sujet sensible – la dépression – abordée avec beaucoup de finesse. Une valeur sûre ! Et puis quel plaisir d’entendre Anouchka raconter cette histoire à ses doudous à sa façon ou de voir Tybalt qui demande à ce que ce soit lui qui raconte certaines pages car il a trouvé des idées ou des mots pour décrire les images et raconter ce qui arrive à Petit Poilu.

A mettre entre toutes les mains : une BD de grande qualité.

Publicités

PETIT PAYS, Gaël FAYE

41zu-ze705l-_sx340_bo1204203200_

Après le prix Goncourt lu la semaine dernière, j’ai découvert avec enthousiasme le Prix Goncourt des Lycéens, et aussi Prix Télérama-France culture, Prix roman Fnac 2016 : Petit Pays de Gaël Faye.

La rappeur a délaissé l’écriture de chansons pour écrire ce premier roman dans lequel il raconte son enfance au Burundi avant que la guerre n’éclate et que vole en éclats sa naïveté d’enfant. Cependant, ce n’est pas une autobiographie, le héros se nomme Gaby et ce qu’il vit n’est pas le parcours copié-collé de l’enfance de Gaël Faye mais il en est une représentation possible.

La tragédie du génocide rwandais qui apparaît au milieu du livre est terriblement bien racontée : le lecteur est ému en lisant ce récit et a du mal à retenir ses larmes face au drame que vit la mère de Gaby…  » Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie. »

 » Alors qu’on se chamaillait, on entendait au loin, dans les collines, des tirs de blindés AMX-10. Avec le temps , j’avais appris à reconnaître leurs notes sur la portée musicale de la guerre qui nous entourait. Certains soirs, le bruit des armes se confondait avec le chant des oiseaux ou l’appel du muezzin, et il m’arrivait de trouver beau cet étrange univers sonore, oubliant complètement qui j’étais. »

J’ai vraiment été séduite par cette écriture et ce roman fait partie des coups de coeur 2016.

DE CAPE ET DE CROCS, Ayroles, Masbou, tome 12 : Si ce n’est toi…

telechargement

Ceux qui suivent un peu mes aventures bloguesques savent combien j’affectionne  De Cape et de crocs ! J’avais mis de côté le 12° tome récemment sorti pour le savourer pendant les vacances. J’ai pris le temps de relire le 11°, puisque ces deux derniers tomes qui mettent point final à cette série, sont centrés sur le personnage d’Eusèbe, il s’agit d’un prequel.

« Capturé par les malandrins de la Cour des miracles, Eusèbe est conduit à leur terrible chef qui nest autre que son frère, Fulgence. Ce lapin malhonnête et violent fomente avec Fagotin, le singe assassin, un abominable forfait. Pris entre trahisons et intrigues de cour, Eusèbe parviendra-t-il à ramener Fulgence dans le droit chemin ? A moins que ce jumeau maléfique ne l’entraîne sur la voie du crime… ». D’où le titre… « Si ce n’est toi » qui est issu de la fable « Le Loup et l’Agneau » de La Fontaine : « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère » : petit clin d’oeil adressé au lecteur avisé qui comprend dès le titre la confusion qui va se jouer entre Eusèbe et son frère qui lui ressemble trait pour trait et qu’on attendait depuis quelque temps.

J’ai apprécié la lecture de ce dernier tome , j’aime tellement Eusèbe, même si parfois j’ai envie de lui demander de se taire tant il parle. J’ai enfin appris ce que diable il allait faire dans cette galère ! Et je n’ai qu’une envie à présent : relire toue la série !

CHANSON DOUCE, leïla Slimani

telechargement-6

Ce Prix Goncourt 2016…il me laisse dubitative… Inutile de le présenter tant on en a entendu parler… et même si je l’ai lu d’une traite, happée par cette histoire à la fois glauque et fascinante, je n’ai pas trouvé un style particulièrement remarquable…je n’ai pas reconnu le souffle d’un Goncourt ! Alors oui, la construction narrative est intéressante, sorte de thriller à rebours où chaque page vient éclairer la tragédie des premières pages, mais cela reste somme toute classique.

Ensuite, c’est une lecture captivante, les réflexions qu’elle amène sur l’hypocrisie de la société, le travail qui accapare les gens, l’ambition, l’isolement,  la confiance aveugle sont très riches, et c’est pourquoi je vous en conseille la lecture aujourd’hui.

 

CULOTTEES 1, Pénélope Bagieu

telechargement-5

« Guerrière apache ou sirène hollywoodienne, gardienne de phare ou créatrice de trolls, gynécologue ou impératrice, les Culottées ont fait voler en éclats les préjugés.Quinze portraits de femmes qui ont inventé leur destin. » : tout est dit ! Ajouté à cela les traits minimalistes des dessins de Pénélope Bagieu et un humour léger mais qui sait aussi être discret pour raconter ces destins de femmes fortes.

On tourne les pages de cet album en découvrant le parcours de vie hors du commun de 15 femmes exceptionnelles que Pénélope Bagieu a savamment sélectionnées. J’ai eu plaisir à découvrir l’histoire de Joséphine Baker par exemple, que je ne connaissais pas dans les détails – danseuse de cabaret et espionne pour la Résistance – ou bien celle de cette jeune gynécologue Agnodice qui n’hésita pas à se grimer en homme pour pouvoir sauver la vie de celles qui accouchaient à Athènes en 350 avant J-C., car les athéniens avaient interdit l’exercice de la médecine aux femmes, les soupçonnant de pratiquer l’avortement ! Chaque portrait est riche d’enseignement et montre très souvent comment la volonté, l’obstination, la foi de quelqu’un peut ouvrir des chemins aux autres. Jubilatoire !

A lire absolument ! Le tome 2 sort en janvier avec quinze autres portraits.

SONGE A LA DOUCEUR, Clémentine Beauvais

telechargement

« Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer… »

Entre l’annonce d’un roman écrit en vers, le titre emprunté à Charles Baudelaire et la couverture joliment calligraphiée…je ne pouvais que me laisser tenter ! C’est une belle découverte, un roman qui se lit d’une traite, une construction narrative qui attise la curiosité, une mélodie dans les phrases qui nous berce sans nous endormir pour nous mener jusqu’à une fin que j’ai trouvée plus réussie que le reste du livre ! L’auteur s’est inspirée du Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovsky ; en faisant des recherches sur cette oeuvre de Pouchkine que je n’ai pas lue mais que j’ai envie de lire à présent, je comprends mieux la démarche de Clémentine Beauvais et son roman me paraît alors beaucoup plus intéressant, pertinent, original, frais qu’à la lecture. C’est pour ces moments-là – entre autres – que je ne me lasserai jamais de lire ! Aller de découverte en découverte, sans cesse être surprise et en redemander !

#LIREETLIREENCORE !

 

LA QUICHE FATALE, Agathe Raisin enquête, M.C.Beaton

agathe

Voilà un livre qui se déguste comme un muffin accompagné d’un thé bien chaud ! Je me suis régalée à suivre les aventures rocambolesques d’Agatha Raisin récemment retraitée et qui s’est exilée dans un cottage à la campagne dont elle rêvait depuis toujours. Mais à peine installée, elle réalise combien il va être difficile d’une part d’oublier si vite sa vie  à Londres et d’autre part de s’intégrer dans ce village. Elle décide alors de participer à un concours de cuisine pour gagner et être connue de tous. Elle n’y va pas par quatre chemins et triche en allant acheter sa quiche, censée être préparée maison, à Londres…Malheureusement sa quiche se révèle être fatale !!!!

Mon bibliothécaire a bien ri en découvrant le titre du roman que je venais chercher : La Quiche fatale, on dirait un mauvais titre de série Z !! Mais honnêtement c’est vraiment un plaisir à lire : on rit car l’héroïne est pleine de ressources et se retrouve souvent dans des situations cocasses et on apprécie tout autant l’intrigue car on souhaite avoir une réponse à la question suivante :  qui a mis du poison dans cette quiche ? Je vous conseille vivement la lecture de ce roman paru cette année en France mais qui en réalité a été écrit dans les années 90 en Angleterre. Pour ma part, je suis allée réserver le deuxième tome : Remède de cheval.