LE PROJET STARPOINT, tome 1, Marie-Lorna Vaconsin

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Voilà un roman jeunesse dont la couverture a attiré mon regard à la médiathèque.

L’intrigue est assez simple :Pythagore, élève au lycée, est troublée par la jeune fille aux cheveux rouges avec qui traîne tout le temps sa meilleure amie Louise. Celle-ci le délaisse, semble le fuir et être obsédée par cette Foresta aux manières étranges et au caractère éclatant ! Le jour où elle rend visite à Pythagore pour lui annoncer que Louise a disparu, il ne se doute pas qu’il va découvrir un nouveau monde dont il ignorait l’existence, un monde dans lequel on accède par « l’angle mort » des miroirs…

Ce roman est le premier d’une trilogie qui dessine un monde parallèle original et inquiétant dans lequel les personnages évoluent tout en faisant des aller-retours dans le monde contemporain qui est le leur et je crois que c’est ce que j’ai le plus apprécié.  Nous ne sommes pas plongés définitivement dans un monde onirique, la réalité est bien présente notamment avec le personnage du père de Pythagore, dans le coma depuis trois ans suite à une agression…qui est certainement liée au nouveau monde que découvre Pythagore. Affaire à suivre pour confirmer l’intérêt de ce premier tome !

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L’HOMME DE LEWIS, Peter May

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Voici le deuxième tome de la trilogie écossaise de Peter May : L’Homme de Lewis. J’ai retrouvé Fin et Marsaili, comme si je les avais quittés hier ! Peter May est doué pour nous plonger immédiatement dans une atmosphère écossaise à la fois dépaysante et angoissante car une fois de plus, il y a un mystère à résoudre : le corps d’un homme a été retrouvé, il a été assassinée il y a fort longtemps et le père de Marsaili semble directement impliqué. Fin, qui a pourtant quitté la police, mène une enquête privée avant l’arrivée sur l’île d’un inspecteur qui voudra certainement arrêter le père de Marsaili : celui-ci est atteint de démence, sa femme l’a mise à la porte et Marsaili s’est vue contrainte de le faire entrer dans une maison de repos. A travers les pensées de cet homme qui se sent partir et l’enquête de Fin, on retrace l’histoire du père qui n’est pas celle que Marsaili connaissait et les révélations sont terribles… On ne peut lâcher ce deuxième tome, toujours aussi baigné de noirceur et dont le mal-être, l’errance des personnages, leur solitude, transpirent à chaque page.

Je suis sous le charme de  l’atmosphère de ses romans, la description des îles Hébrides est fascinante, j’ai d’ailleurs retrouvé des éléments historiques dont j’avais entendu parler dans la série Outlander. N’hésitez  : c’est la trilogie qu’il vous faut pour des après-midis de lecture sous un plaid bien chaud !

LES AVENTURES DE CHARLOTTE HOLMES, Brittany Cavallaro

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« Jamie Watson, arrière-petit-fils du célèbre Dr Watson, ne voulait pas cette bourse pour Sherringford, un collège chic de la côte Est des États-Unis… et encore moins y croiser Charlotte Holmes. L’arrière-petite- fille de Sherlock a hérité du célèbre détective non seulement son génie mais aussi son tempérament explosif. Mieux vaut, dit-on, l’admirer de loin…
Quand un étudiant meurt dans des circonstances dignes des plus terrifiantes histoires de Sherlock, Jamie et Charlotte sont les premiers accusés. Victimes d’un coup monté, ils n’ont d’autre choix que de faire équipe pour mener l’enquête… »

Ce roman jeunesse pour les adolescents a le mérite d’exister : je trouve que l’intrigue est bien menée et qu’elle a l’avantage de susciter la curiosité et d’amener les lecteurs à découvrir ou redécouvrir, une fois le roman achevé, les aventures de Sherlock Holmes car l’auteur ne cesse d’y faire allusion tout au long de ce roman. Le meurtrier s’amuse en effet à calquer certaines histoires célèbres du détective mythique ! Les personnages sont sympathiques : Charlotte est la digne héritière de son illustre ancêtre et James Watson a du mal à ne pas tomber sous son charme, un peu maso ce jeune homme ! Leur duo est drôle et les personnages qui crépitent autour ne sont pas dénués d’intérêt : par exemple l’inspecteur Sheppard qui nous fait évidemment penser à Lestrade !

Une lecture à mettre entre toutes les mains des ados donc !

UNDERGROUND RAILROAD, Colson Whitehead, #MRL17

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Je participe à nouveau cette année aux matches de la rentrée littéraire de Price Minister, j’ai donc reçu il y a quelques semaines Underground Railroad que j’avais sélectionné.

C’est un roman prodigieux qui retrace l’histoire de Cora une esclave noire aux Etats-Unis en mettant en lumière le réseau de chemin de fer clandestin qui permet à certains esclaves, ceux qui parviennent à s’échapper des plantations dans lesquelles ils sont exploités, brutalisés, niés en tant qu’êtres humains, de gagner des états qui progressent sur le plan de l’esclavage grâce aux abolitionnistes…mais ce n’est pas si simple. Ce roman se lit d’une traite tant il est saisissant et magnifique à la fois : il éclaire le lecteur sur les racines du mal américain car on comprend combien ce racisme est ancré dans la réalité de l’Amérique moderne. Il y a des scènes insoutenables – celles de flagellation, de  sacrifices tournés en spectacle hebdomadaire -, d’autres très touchantes – celle où Cora qui a pu essayer d’apprendre à lire bute sur le mot  » optimisme »…,  et on tremble, vibre, suffoque avec Cora mais aussi avec tous ceux qui ont aidé au fonctionnement du réseau clandestin et qui ont bien souvent connu un sort funeste.

Un roman à lire absolument !

CEUX QUI SAURONT, Pierre Bordage

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Je suis en vacances certes, mais je lis pour mes élèves de 3° : Ceux qui sauront est le premier tome d’une trilogie de Pierre Bordage pour la jeunesse. Il s’agit d’une uchronie : l’histoire se déroule dans un temps imaginaire,  » une autre Histoire que celle que nous connaissons » pour citer Alain Grousset dont la définition de l’uchronie figure au début de ce roman.

Dans ce temps imaginaire, la société est divisée en deux : ceux qui savent, qui ont eu un précepteur, qui vivent à Versailles et ceux à qui on ne donne pas le droit de savoir, c’est-à-dire de lire, d’écrire, de compter… on les appelle les « cous noirs », ils ne font que travailler pour un salaire de misère mais ils ne peuvent y échapper, il faut bien nourrir les siens… Face à cette injustice sociale, des écoles clandestines se sont mises en place, mais il est extrêmement dangereux d’y participer car les gendarmes royaux sont à l’affût… Nos deux héros, Jean et Clara, vont se trouver confronter à des choix difficiles dans la vie qui leur a été imposée… un premier tome fort bien écrit qui donne terriblement envie de lire la suite. Ce monde qui n’est pas le nôtre nous renvoie tout de même à des inégalités sociales qui sont présentes à notre époque et j’espère que mes élèves auront été sensibles cela. Ils ne pourront pas être indifférents face à cette intrigue qui ne laisse aucun répit au lecteur, le surprenant, l’émouvant, le révoltant tour à tour. une lecture que je vous conseille donc vivement !

AU FOND DE L’EAU, Paula Hawkins

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J’avais beaucoup aimé La Fille du train, le précédent roman de Paula Hawkins et je pense que j’ai tout autant apprécié – voire peut-être préféré – son nouveau roman : Au Fond de l’eau.

De quoi s’agit-il ? « Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter l e prétendu suicide de sa sœur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c’est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent. »

A travers le point de vue des différents personnages de ce roman, on aperçoit la vérité qui se dessine subtilement et qui vient nous cueillir jusqu’à la dernière page. C’est un très bon polar, à la fois sombre, addictif et attachant de par ses personnages féminins notamment qui ont toutes une face cachée, une pierre à porter, un fardeau à assumer… Je le conseille vivement, j’ai passé un très bon moment de lecture. Au suivant !

UN CRI D’AMOUR AU CENTRE DU MONDE, KYOICHI KATAYAMA

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Cela fait longtemps que je n’avais pas lu d’auteurs japonais et ce petit roman qui date de 2008, Un Cri d’amour au centre du monde,  a été l’occasion de retrouver cette littérature que j’aime tant : le thème n’est pas forcément des plus joyeux, on est entre Love story et Nos Etoiles contraires, vous voyez ce que je veux dire ? Oui, une belle histoire d’amour entre jeunes lycéens qui ne peut pas se vivre jusqu’au bout car l’un des deux tombe gravement malade… L’intérêt de cette histoire tient aux choix narratifs de l’auteur : Sakutaro se souvient… mais aussi à la qualité de la langue qui fait de chaque mouvement de branches, de chaque rencontre entre Sakutaro et son grand-père, de chaque pierre ajoutée à l’histoire entre Sakutaro et Aki… un moment de grâce, de poésie, une petite bulle unique qu’on a envie de préserver au maximum afin qu’elle n’éclate pas, le tout raconté avec la plus grande pudeur, on est ému mais on ne se sent pas pris en otage par une émotion trop tournée vers un pathos souligné à grands traits, du tout.

J’ai vraiment aimé ce roman – best-seller au Japon adapté au cinéma et en manga – que je compte bien proposer à mes élèves de 4°: il n’y a pas d’âge pour découvrir la littérature japonaise autrement que pas les mangas je veux dire ! Merci Stephie pour ce conseil lecture que tu avais donné l’an passé je crois 😉

JOHNNY, Martine Pouchain

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Voilà un petit roman qui relate une histoire tragique que j’ai découvert à l’occasion du Salon du Livre de Jeunesse de Gaillac qui a lieu ce week-end : l’auteure, Martine Pouchain, est venue rencontrer pendant 1h mes élèves de 4°. J’avais préparé la rencontre la veille et commencé à leur lire ce roman, d’une soixantaine de pages à peine, qui a suscité un vif engouement à la fin de l’heure car il ne manquait que 20 pages quand la sonnerie a retenti. L’auteure nous a fait le plaisir de nous lire ces pages-là et les élèves ont pu lui poser des questions.

Johnny, c’est l’histoire tragique d’un adolescent, souffre-douleur de son établissement, qui est tombé amoureux d’une jeune fille qui ne le regarde même pas. S’ajoute à ce tableau déjà peu réjouissant pour lui de lourds problèmes familiaux… Les choix narratifs faits par l’auteur permettent de tenir le jeune lecteur en haleine, il voit se dessiner bien sûr progressivement le thème du harcèlement mais il ne s’imagine pas l’issue de cette histoire… C’est un roman dont il faut parler ensuite avec les lecteurs et c’est ce que j’ai fait ensuite  lors du retour en classe. Il en est sorti de belles choses, je suis absolument ravie de cette rencontre. En plus, elle leur a donné envie de lire d’autres de ses romans comme Gloria ou bien encore Zelda la rouge.

LA SERVANTE ECARLATE, Margaret Atwood

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Le boulot ayant repris depuis un moment déjà, mon rythme de lecture s’est considérablement ralenti…mais je crois que je suis passée à côté de ce roman, La Servante écarlate, dont les médias ont beaucoup parlé ces derniers mois car il y a eu une adaptation en série :  » The Handmaid’s tale ». J’ai mis 3 semaines à le lire et j’ai vraiment peiné… la fin m’a paru plus prenante, mais que le début est long !! Bref, je n’ai pas accroché à cette dystopie féminine dans laquelle les femmes sont privées de tous leurs droits et sont utilisés comme des calices, réceptacles d’un bébé pour les familles haut placées dans la société… Tel est le monde dans la république de Gilead. Les articles que j’ai pu lire sur la série TV m’avaient paru tellement intéressants que je n’avais pas hésité à acheter ce roman pour voir ce qu’il en était…j’ai vu, je suis déçue, mais peut-être mon jugement est un peu faussé par cette période chargée et fatigante qui fait que j’ai mis  beaucoup trop de temps pour m’immerger vraiment dans cet univers atypique… c’est dommage. Et vous, l’avez-vous lu ?

LA MALADROITE, Alexandre Seurat

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Les médias avaient beaucoup parlé de ce premier roman en septembre 2016 pour en souligner à la fois la qualité, la sobriété et la noirceur de ce que l’auteur a choisi de raconter. Derrière la petite Diana, fillette de 8 ans, il y a un fait divers autour de la petite Maddie, dont l’auteur a voulu parler de cette manière.

 » Diana, huit ans, a disparu. Ceux qui l’ont approchée dans sa courte vie viennent prendre la parole et dire ce qui s’est noué sous leurs yeux : grand-mère, tante, demi-frère, instituteurs, directrices d’école, médecins, assistantes sociales, gendarmes, procureur… – tous impuissants à empêcher la répétition du pire. »

Dès les premières pages, on sait que la petite Diana a disparu, ce n’est que vers la fin du roman que nous apprendrons comment,, dans quelles circonstances. Tous les témoins extérieurs de cette sombre histoire rapportent leur rôle dans ce drame qui s’est joué sous leur nez sans que chacun puisse enrayer la  maltraitance… Ils sont face au mutisme de la petite, face à des respects de procédure, face à l’esquive du système mais aussi de la famille qui affiche une façade sans faille… Chaque protagoniste comprend que Diana est en danger, mais comprend aussi que Diana ne peut s’empêcher de participer à ce drame tant elle est en quête d’amour, d’affection…et donc ne laisse pas de chance à ceux qui la côtoient de l’aider vraiment. On lit cette histoire entre effroi et malaise, en prenant conscience que parfois les gens sont bien démunis face à des histoires aussi sordides et que les enfants maltraités ont peu de chance d’être entendus, compris, repérés car ils cherchent à protéger  leurs bourreaux et adhèrent donc inconsciemment à un système qui les anéantit. (Le passage où Diana est interrogée par les gendarmes et où elle récite un texte appris par coeur pour expliquer chacune des blessures, des marques visibles sur son corps est particulièrement glaçant.).

Un roman qui se lit d’une traite, bouleversant…