LA FAUTE D’ORTHOGRAPHE EST MA LANGUE MATERNELLE, Daniel Picouly

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Voilà un livre très court proposé à mes élèves de 3° suite à la séquence sur l’autobiographie : je l’ai découvert au Salon du livre policier à Lisle-sur-Tarn et le titre m’a fait sourire. Il a forcément attiré mes élèves de par son titre très évocateur pour eux (!) mais aussi de par sa longueur  (à peine 90 pages). Cependant, comme je l’ai dit à mes élèves : « Ce n’est pas parce qu’un livre est court qu’il est forcément facile à lire »…et j’ai peur que certains s’y cassent les dents  !

Daniel Picouly, pour la collection dirigée par Philippe Delerm « Le Goût des mots », raconte un épisode de son enfance qui est ensuite sujet à plein de digressions (d’où la difficulté de lecture évoquée ci-dessus). On découvre l’auteur debout sur un bureau, son cahier de dictées autour du cou, puni ! Le maître lui a mis un double zéro en dictée – impensable de nos jours !! Humilié, il réfléchit à la manière de tuer son instituteur : le thème est vraiment drôle et j’ai souvent ri en lisant ce petit roman qui se présente en fait sous la forme d’une pièce de théâtre en un seul acte avec pour seul personnage « l’Auteur ».

Je vous ai sélectionné un passage qui m’a fait sourire : l’auteur raconte, par exemple, que lire des livres lui a été utile pour draguer ! Il achetait le livre qu’était en train de lire la jeune fille qui lui plaisait afin de pouvoir s’asseoir à côté d’elle et entamer la conversation ! Il s’est rapidement rendu compte que c’était perdu d’avance…notamment en découvrant Proust :

 » Arrivé chez moi, je monte dans mon cerisier et je commence à lire. J’ai failli tomber de l’arbre. Je ne comprenais rien ! On m’avait menti. Proust était un auteur étranger. Je passais plus de temps dans le dictionnaire que dans le livre. Les phrases n’en finissaient pas de finir. J’étais asphyxié. Asphyxié au monoxyde de Proust. Rencontrer un point , c’était plus difficile que trouver un trèfle à quatre feuilles. J’étais furieux. »

Cela m’a rappelé ma première rencontre avec Proust !!

LOVE STORY, Erich Segal

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 » Que dire d’une fille de vingt-cinq ans quand elle est morte ? Qu’elle était belle. Et terriblement intelligente. Qu’elle aimait Mozart et Bach. Et les Beatles. Et moi. »

Ce sont les premières lignes de Love story, roman que j’avais  lu adolescente et qui m’avait marquée : cette histoire d’amour fusionnelle, dans l’Amérique des années 70,  entre deux êtres issus d’univers différents avait tout pour plaire, comme un conte de fée moderne…mais c’était sans compter sur le coup du sort qui allait s’abattre sur Jenny et donc sur eux : elle est condamnée, il ne lui reste que peu de temps à vivre… Une histoire d’amour tragique dans la droite ligne de Roméo et Juliette qui a connu un succès mondial.

Ce roman m’a moins émue aujourd’hui qu’il y a 25 ans….peut-être parce qu’entre temps il y en a eu d’autres livres sur ce sujet-là, mais aussi parce qu’avec la maturité j’ai vu les failles de ce roman notamment dans le traitement un peu lacunaire de cette tragédie : tout est effleuré, on reste à la surface…c’est sûrement une volonté de l’auteur, mais j’ai trouvé que du coup l’histoire perdait en crédibilité. J’espère malgré tout que  mes élèves de 4° seront cueillis par cette histoire, ce sont majoritairement des garçons qui ont choisi ce roman – parce qu’il est court ! – les filles ont plutôt choisi Nos étoiles contraires, tout aussi tragique mais beaucoup plus long. J’ai hâte de connaître leur avis.

Là où elle repose, Kimberley McCreight, #MRL16

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J’ai à nouveau la chance de participer cette année aux Matchs de la Rentrée littéraire organisés par Price Minister. Parmi une sélection de titres, j’avais opté pour le nouveau roman de Kimberley McCreight : Là où elle repose que j’ai donc reçu il y a un mois. J’ai profité des vacances pour le lire et vous donner mon avis sur ce second roman. En effet, le premier roman de cet auteur- Amelia – m’avait particulièrement plu et c’est pourquoi j’étais curieuse de lire celui-ci. Ce nouveau roman vient confirmer le talent de son auteur. On découvre un thriller captivant qui démarre pourtant par une scène d’une cruauté sans nom : la découverte du corps d’un bébé dans les bois attenants d’une université. L’histoire est racontée à travers les yeux de trois personnages féminins qui vont petit à petit, sous notre regard ahuri, choqué, attendri, compatissant,  nous mener vers la résolution de cette énigme odieuse : qui a pu tuer/abandonner/kidnapper/éliminer ce bébé ? et Qui sont les parents ? Les trois femmes sont évidemment impliquées de manière plus ou moins directe : l’une est journaliste et couvre l’affaire qui fait remonter en elle des sentiments douloureux ayant récemment perdu un bébé ; une autre est une mère parfaite, modèle, qui a une belle maison, une jolie famille aux apparences idéales mais qui semble présenter des fissures…et une autre est une jeune fille perdue qui aurait bien besoin qu’on prenne soin d’elle…

Kimberley McCreight se révèle vraiment douée pour observer finement les membres d’une communauté et nous dévoiler progressivement les secrets qui n’attendent que d’être déterrés, ainsi que les liens qui sont tissés entre les personnages. Cette qualité était déjà bien maîtrisée dans son précédent roman. Vous l’aurez compris je ne trouve que des qualités à Kimberley McCreight ! Là où elle repose est un thriller efficace, qui interroge le lecteur sur les rapports mère-fille notamment, mais aussi sur  les apparences d’une Amérique bien pensante…

AUPRES DE LA FONTAINE, Agnès Domergue, Cécile Hudrisier

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Voilà un petit album découvert par hasard à la médiathèque et que j’ai adoré : il faut dire que l’alliance fables de La Fontaine et haïkus avait tout pour me plaire. L’auteur s’est amusé à créer des haïkus inspirés des fables. En face chaque haïku on trouve une illustration qui nous aide à comprendre quelle fable se cache derrière le haïku qui n’a point de titre. Evidemment, on peut « tricher » et aller parcourir le sommaire pour identifier chaque fable. Les illustrations à l’aquarelle sont très colorées et se marient parfaitement avec les haïkus. C’est un vrai petit régal que de feuilleter cet album, je vous le conseille vivement. Bien sûr, mon esprit en mode   » prof non stop » a déjà une idée de séquence autour de cet ouvrage…mais je n’ai pas de 6° cette année…alors je l’ai proposé à mes collègues 🙂

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Et vous, êtes-vous sous le charme comme moi ?

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Lors du dernier salon des loisirs créatifs de Toulouse, j’ai eu l’occasion de faire un petit atelier scrap avec Autour de Mwa, un garçon hyper doué en mixedmedia notamment. L’idée était de nous montrer comment réaliser un petitn album avec six double-pages. le matériel était fourni et il nous a expliqué chaque étape. Evidemment en 1h c’est beaucoup trop court pour parvenir à terminer le projet mais ça pose les bases et surtout ça nous donne plein d’idées, nous montre les bons produits à avoir (encres, colles, etc). Cet après-midi j’ai fini l’album et le voici en images !

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MAIL ART CHAT

Un mail art pour ma nièce Maria qui adore les chats ; à l’intérieur j’ai glissé un roman jeunesse :le tome 1 de La Quête d’Ewilan (oui, je lui avais offert le 2 et le 3, mais j’avais oublié le 1…poin poin poin !!).

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COMMENT TU PARLES DE TON PERE, Joann Sfar

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C’est à la suite d’un article paru dans ELLE que je me suis intéressée à ce récit de vie sorti pour la rentrée littéraire. Ma médiathèque étant bien équipée, j’ai pu satisfaire ma curiosité : voilà un auteur que je ne connaissais qu’à travers des BD comme Le Chat du rabbin ou bien Petit vampire. C’est aussi parce que je travaillais sur l’autobiographie avec mes élèves de 3° que j’ai eu envie d’en découvrir une nouvelle, récente, actuelle afin de leur montrer que ce genre est loin d’être moribond.

Comment tu parles de ton père est un récit pudique sur le deuil d’un père : Joann Sfar raconte comment il a dû faire face à son chagrin, les conséquences que ce décès a eu sur sa vie et lui rend un hommage émouvant,, deux ans après son décès à travers ce récit assez court. Cependant je n’ai pas été embarquée, j’ai trouvé l’écriture fort simple, comme si je lisais un livre à l’état d’ébauche. Nous sommes loin des talents de dessinateur de Joann Sfar…