LE GRAND LIVRE DE L’HORREUR, N.M.ZIMMERMANN

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Voilà une lecture que j’ai faite avec plaisir car elle m’a été conseillée par mon fils qui a adoré ce roman et qui dans la foulée a lu les 3 suivants (bon, en fait, j’ai emprunté ce livre à la médiathèque car j’ai craqué sur la couverture et j’espérais bien que mon fils lâcherait ses BD pour lire ce roman…pari gagné !).

Le Grand Livre de l’horreur propose un voyage dans un livre « d’horreur » : le premier tome il s’agit de Dracula, le deuxième Frankenstein, le troisième Jurassik park et le 4° Docteur Jekyll et M.Hyde.

Dans ce premier tome, Dans le château de Dracula, le personnage principal nommé Virgile acquiert un Grand Livre de l’horreur car il est passionné par les histoires d’horreur, les zombies…tout ce qui est effrayant ! Il se rend compte un soir dans sa chambre que le livre l’a transporté, lui et son lapin Polop (!), dans le château de Dracula ! Ils sont prisonniers et doivent s’échapper au plus vite et trouver comment rentrer chez eux au plus vite. Ils vont croiser Jonathan Harker qui va les aider, mais aussi le Comte Dracula en personne et les femmes-vampire, tout comme dans le roman de Stoker.

C’est un roman passionnant à lire à partir de 9 ans et qui permet de rencontrer ces personnages littéraires mythiques et d’éveiller la curiosité des enfants afin qu’ils lisent ces romans dans quelques années par exemple. J’ai apprécié le fait que l’auteur respecte l’oeuvre de départ en déroulant une histoire jalonnée de références directes à des scènes précises extraites de Dracula de Bram Stoker.  La narration est bien faite, sans être complexe, le vocabulaire est accessible, et le récit est au passé simple (ça fait du bien !).  Bref, je le conseille vivement.

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LE COMBAT D’HIVER, Jean-Claude Mourlevat

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Voilà un classique de la littérature de jeunesse contemporaine que je n’avais toujours pas lu, le livre était pourtant sur mes étagères depuis longtemps. C’est grâce à mes 3° que je l’ai lu : ils m’ont réclamé des titres au choix pour la lecture des vacances et j’ai donc dû lire ce roman afin de pouvoir leur en parler.

« Quatre adolescents, évadés de leur orphelinat-prison, reprennent la lutte perdue par leurs parents quinze ans plus tôt. Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, semble désespéré. Et pourtant… »

L’auteur dit avoir voulu montrer le combat de la culture contre la barbarie et c’est vraiment réussi. Les élèves ont aimé les personnages de cette histoire, des adolescents confrontés à des situations difficiles qui les font grandir brutalement. J’ai aussi aimé cette histoire mais ce n’est pas un coup de coeur. Bien sûr je reconnais le talent indéniable de Mourlevat, mais je n’ai pas été captivée par ce roman, je l’ai apprécié, et je l’ai conseillé parce que cette histoire de combat, de résistance et de renaissance est belle, tout simplement.

 

SIMPLE, MARIE-AUDE MURAIL

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 Voilà mon coup de coeur du mois de mars pour la littérature jeunesse : Simple de Marie-Aude Murail. L’histoire de deux frères : l’un a 17 ans et s’appelle Kléber, l’autre a 21 ans, s’appelle Barnabé, mais son surnom c’est Simple car il a 3 ans d’âge mental. Kléber est projeté très tôt dans le rôle d’aîné, il doit gérer ce grand frère qui n’en a que le nom mais pas la statut. Ne supportant pas de voir son frère enfermé dans un institut auquel le destine son père qui souhaite s’en débarrasser, Kléber décide de prendre un appart avec Simple, ils vont trouver une colocation avec des étudiants et nous assistons à cette drôle de cohabitation ! C’est amusant et émouvant à la fois, car Simple est tellement attachant et Kléber aussi, lui qui se démène pour son frère mais qui aimerait aussi mener sa vie de jeune adulte comme tous les autres. Et que dire de M.Pimpin, l’éternel compagnon de jeux de Simple, un lapin en peluche un brin machiavélique car il n’est pas toujours de bons conseils (!) mais qui est aussi capable de vous tirer des larmes quand Simple joue avec lui et ne fait qu’exprimer en fait ce qu’il ressent au fond de lui… On ne peut pas ne pas aimer ce livre, un vrai coup de coeur !

UNE BOUTEILLE DANS LA MER DE GAZA, Valérie Zenatti

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    Voilà un livre que je voulais lire depuis quelques années. Voulant le donner à lire à mes 3°, je l’ai lu le week-end dernier et j’ai vraiment apprécié cette lecture : voilà un roman très instructif qui permet de mieux comprendre ce qu’est la bande de Gaza et ce qui déchire les palestiniens et les israëliens depuis trop longtemps déjà.

Tal est une jeune israëlienne qui ressent le besoin de savoir ce qui se passe vraiment en Palestine : elle aimerait pouvoir communiquer avec une palestinienne. Pour cela, elle glisse une lettre à l’intérieur d’une bouteille qu’elle confie à son frère, soldat dans la bande de Gaza… C’est un jeune palestinient, Naïm, qui trouve cette bouteille. La curiosité le pousse à envoyer un premier mail à Tal, puis une communication atypique s’installe entre les deux jeunes gens. A travers leur histoire, on cerne peu à peu la violence quotidienne dans laquelle ils vivent ainsi que la haine de l’autre dans laquelle ils ont été élevés malgré eux mais à laquelle ils n’adhèrent pas. En effet, les parents de Tal m’ont beaucoup rappelé les parents de Marjane Satrapi dans Persepolis, des gens faisant preuve d’une ouverture d’esprit forte  et à contre-courant qui leur permet de transmettre de belles valeurs à leurs enfants. Un roman riche à lire absolument.

 

UGLIES, S.Westerfeld

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Encore une lecture bouclée pour mes élèves. Voici une dystopie : un monde dans lequel il faut obligatoirement être beau…intrigant, non ?

« Dans le monde de l’extrême beauté, les gens normaux sont en danger.

Tally aura bientôt 16 ans. Comme toutes les filles de son âge, elle s’apprête à subir l’Opération et à intégrer la caste des Pretties. Dans ce futur paradis, Tally n’aura plus qu’une préoccupation, s’amuser… Mais la veille de son anniversaire, Tally découvre le monde des rebelles. Là-bas, elle apprend que la beauté parfaite et le bonheur absolu cachent plus qu’un secret d’État : une manipulation.
Que va-t-elle choisir ? Devenir rebelle et rester laide à vie, ou succomber à la perfection ? »

   J’ai été agréablement surprise par ce roman de littérature jeunesse qui est plutôt de bonne facture ; il évoque avec intelligence et finesse un problème de société : le culte du beau. Il a remporté un grand succès auprès des ados et je n’en suis pas étonnée : les personnages sont bien travaillés, les histoires d’amitié et d’amour au coeur du livre n’en font pas un roman gnangnan, les préoccupations de ces ados sont intéressantes et renvoient à celles des ados d’aujourd’hui. La fin, quant à elle, est audacieuse et permet à l’auteur de proposer d’autres tomes pour suivre le personnage de Tally, les Fumants et les Pretties.

TROUVER LES MOTS, Gilles Abier

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J’ai lu ce livre en attendant que mes enfants choisissent leurs livres à la médiathèque. Je me suis assise, j’ai lu les premières lignes et j’ai eu tout de suite envie d’aller au bout pour connaître cette histoire :

« Les parents de Gabriel, 16 ans, attendent que leur fils s explique sur le coup de fil qu il a reçu la veille. Hier après-midi, son cousin l’a appelé durant douze minutes et vingt-trois secondes… Mais que dire quand on n a pas su soi-même trouver les mots pour éviter le pire ? »

Ce court roman est plutôt destiné à des lycéens, même s’il aborde des thèmes qui peuvent toucher les collégiens c’est vrai. Il a le mérite de montrer comment un adolescent peut vite se retrouver dépasser par l’utilisation des réseaux sociaux ou la perversité des rapports humains sur internet, comment un adolescent se retrouve aussi acculé et ne voit pas comment en sortir, comment en parler ou à qui en parler… Il adopte le point de vue de Gabriel qui, lui, s’es trouvé désemparé…d’où le titre… Trouver les mots pour écouter, pour réconforter, pour relativiser, pour avouer, pour remonter le moral, pour consoler, pour pleurer… Le titre est vraiment bien trouvé et on trouve cette expression à la première ligne du roman ainsi qu’à la dernière. Une boucle bouclée… mais avec un champ de possibles vaste…

Le texte est brut et ne fait pas dans le sentimental, mais il parvient à nous toucher en nous faisant réfléchir subtilement. A lire à partir de la classe de seconde.

LES OPTIMISTES MEURENT EN PREMIER, Susin NIELSEN

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Quel drôle de titre ! On a forcément envie de lire ce roman pour comprendre l’étrangeté de ce titre me semble-t-il ! C’set chose faite. Je l’ai vivement conseillé à mes élèves de 4° avec qui j’ai travaillé sur la différence et la beauté en étudiant Cyrano de Bergerac. Ici il est question de Petula qui, depuis la mort de sa jeune soeur, a développé tout un tas de TOC. Au groupe d’Artpsy auquel elle est forcée de participer au lycée, elle voir arriver « l’homme bionique », Jacob, qui a un bras en titane ! Chacun va-t-il parvenir à se délivrer de ses secrets, de ses poids trop lourd à porter pour des personnes si jeunes ?

Ce roman se dévore ! Je l’ai lu en une soirée (et une nuit : merci mes insomnies !). Il n’est en rien complaisant avec les ados qui s’embourbent dans leur mal-être. L’éclairage qu’il en propose est fort pertinent d’ailleurs et le personnage de Jacob est stimulant : il a un regard bienveillant sur le groupe Artpsy et ses ados « tarés » (c’est ainsi que certains les désignent) et il va leur être d’un grand secours quand lui-même ne parvient pas à s’aider…On ne peut qu’être séduit par cette histoire sensible.

Je terminerai sur une citation de l’auteur évoquant son roman :  » Il répond au rôle de la littérature, celui de construire des êtres humains complets, empathiques : et cela ne m’étonne pas du tout que Donald Trump ne soit pas lecteur. » 

 

SILENCE, Benoît Séverac

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Voilà encore un roman donné à lire à mes élèves de 4° et qu’ils ont dévoré. L’histoire est accrocheuse : un jeune lycéen de Toulouse se réveille à l’hôpital, sourd ! Ce dont il se souvient c’est qu’il était avec des amis et qu’il a pris deux cachets d’ecstasy pour épater sa copine Camille..

Le roman, écrit avec un point de vue interne pour comprendre ce que ressent Jules, relate comment ce jeune garçon a pu en arriver là et se focalise surtout sur les conséquences d’une telle folie : les répercussions physiques évidemment, les rapports avec ses amis, les liens avec sa famille à qui il impose cette surdité qui lui tombe dessus si bêtement, le rapport à la drogue… L’évolution des sentiments des personnages est intéressante, elle ne manque pas de profondeur notamment concernant le père de Jules animé par beaucoup de colère au départ ou encore la petite soeur qui ne voit pas le handicap comme les autres.

En tant qu’adulte, on peut regretter un manque d’approfondissement parfois ou bien une intrigue cousue de fil blanc en ce qui concerne l’enquête que le trafic de drogue…cependant, il s’agit d’une lecture jeunesse et je trouve que ce livre remplit son cahier des charges : prévenir les jeunes sur les actes irréfléchis commis pour épater les amis, le fait qu’on paie cher parfois pour un acte qui paraissait léger ou sans conséquence si ce n’est s’amuser… Toujours réfléchir à la portée de ses actes…

LA PYRAMIDE DES BESOINS HUMAINS, Sole Caroline

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Voilà un livre jeunesse (12-16 ans) que j’ai lu la semaine dernière pour le boulot; il fait partie de la liste que j’ai donnée à mes 4°. La Pyramide des besoins humains est le nom d’un jeu de tv réalité auquel va participer Christopher un jeune SDF :

« L’ensemble des besoins des êtres humains peut être classé en cinq catégories. Aujourd’hui, cette théorie est le principe d’un nouveau jeu de télé-réalité : La pyramide des besoins humains. Nous sommes 15 000 candidats, et dans cinq semaines il n’en restera plus qu’un. Et moi dans tout ça ? Disons que je m’appelle Christopher Scott, que j’ai dix-huit ans et que j’habite sur un morceau de carton, dans la rue, à Londres. Enfin, peu importe mon nom, peu importe mon âge. Je suis le candidat no 12778. Je n’existe pas encore. Mais je risque fort de devenir quelqu’un, et même quelqu’un de célèbre. Et c’est bien ça le pire. »

C’est une histoire vraiment intéressante et qui lit très facilement : mes élèves ont apprécié les chapitres courts évidemment(!), mais aussi le lien avec la tv réalité, le fait que le héros ait 15 ans -il dit qu’il en a 18 pour pouvoir s’inscrire en ligne à ce jeu – le fait que ça se passe à notre époque et que tout aurait pu être vrai. Certains ont crié au scandale à la fin du livre…car ils n’auraient pas agi comme Christopher, donc c’est sujet à débat et c’est exactement ce qu’il me plaît. Je l’avais choisi pour faire suite à une séquence sur le réalisme, le pitch m’avait plu et la couverture avait fini de me convaincre : le regard de cette jeune fille tenant ce petit chat, le noir et blanc et le flou de l’arrière-plan…Ils vont d’ailleurs devoir me parler de cette photo et faire le lien avec l’histoire de Christopher.

Faites-vous votre avis en lisant ce roman.

SAMEDI 14 NOVEMBRE, Vincent VILLEMINOT

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J’ai dévoré ce roman écrit comme une pièce de théâtre en 5 actes, 5 actes comme dans une tragédie…car nous commençons par une scène tragique : celle de l’attentat à la terrasse d’un café le soir du 13 novembre…cette violence nous souffle comme les balles qui anéantissent tant de vies ce soir-là. Mais B. , la balle ne l’a qu’effleuré… En revanche son frère Pierre est mort, lui. Sous le choc, B. se laisse soigner puis s’enfuit, part loin de l’hôpital, s’engouffre dans le métro et c’est là qu’il reconnaît un homme, il est certain de l’avoir vu à l’arrière de la voiture dont sont sortis 3 hommes pour mitrailler la terrasse du café quelques heures plus tôt… Son instinct le pousse à suivre cet homme : il ne sait pas pourquoi, il ne sait pas ce qu’il va faire, mais il se sent comme poussé dans cette traque…

Des entr-actes viennent donner des nouvelles ou adopter le point de vue des victimes collatérales : celles qui sont encore là, qui ne sont pas tombées sous les balles, qui n’étaient parfois même pas présentes sur les lieux, mais qui doivent à présent à vivre autrement : appréhender l’absence ou bien vivre avec l’autre qui n’est plus le même. J’ai aimé la manière d’ont l’auteur abordait ce thème : ceux qui restent.

Mais ce roman, qui commence comme une vengeance donnant lieu à des scènes choc, dérangeantes, laisse la part belle à l’espoir grâce, notamment, à un personnage féminin que je vous laisse découvrir.

Je vous conseille vivement la lecture de ce livre !