ET MES YEUX SE SONT FERMES,Patrick BARD

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J’avais lu un article récemment sur ce roman jeunesse sorti fin août, puis une de mes copiNEttes en a parlé il y a quelques semaines en disant qu’il était incontournable. L’ayant trouvé à la médiathèque, j’ai ouvert le livre mercredi soir et je l’ai fini hier soir, je l’avais même amené – naïve que je suis – au boulot en me disant que j’aurais bien quelques minutes à moi dans la journée pour poursuivre ma lecture…que nenni !

Voici ce que nous dit la 4° de couverture :  » A priori, Maëlle n’est pas différente des autres filles de seize ans. Cette année-là, elle passe de plus en plus de temps sur Facebook, abandonne le sport, modifie sa façon de s’habiller, quitte son petit ami… Sans hésitation ni compromis, elle prend un virage à 180 degrés. C’est pour, croit-elle, sauver le monde, qu’elle rejoint l’organisation Daech. Un an plus tard, Maëlle revient pourtant de Syrie. »

On ne peut pas refermer ce livre tant il est bien construit : l’idée de départ est de raconter l’histoire de cette adolescente de 16 ans en proposant le point de vue de tous les « participants » : Maëlle, sa petite soeur, leur mère, la femme de la cellule de désembrigadement, le professeur de français, etc. On découvre comment la jeune fille a pu basculer dans l’impensable sans que les gens ne s’en rendent vraiment compte bien qu’il y ait eu des signaux d’alerte qui – à nous, lecteurs – nous paraissent évidents. On comprend la culpabilité des uns, l’incompréhension des autres. On voit combien les adolescents peuvent être des cibles faciles en raison de leur présence constante sur les réseaux sociaux, de leur fragilité qui en fait des personnes malléables, de leur envie de changer le monde… C’est une lecture riche d’enseignement. Je l’ai conseillée à une de mes meilleures élèves car on avait travaillé dans la semaine sur un sujet de réflexion sur le thème de la fascination : elle avait évoqué dans son travail les jeunes qui partaient en Syrie…

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L’ILE DES CHASSEURS D’OISEAUX, Peter MAY

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Voilà un auteur que je suis ravie d’avoir découvert ce mois-ci : Peter May avec le premier tome de sa trilogie écossaise. J’ai entendu parler de lui par une de mes copiNETtes, Lolli, et j’ai entendu parler de lui par un collègue de lettres ; ne connaissant absolument pas, je me suis empressée de réparer cette erreur. pour celles et ceux qui ne connaissent pas voici ce que nous dit la couverture :

« Marqué par la perte récente de son fils unique, l’inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d’élucider un assassinat commis à Edimbourg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n’est pas retourné depuis dix-huit ans. Un cadavre exécuté selon le même modus operandi que celui d’Edimbourg vient d’y être découvert. Sur cette île tempétueuse du nord de l’Ecosse, couverte de landes, où l’on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin est confronté à son enfance. La victime n’est autre qu’Ange, ennemi tyrannique de sa jeunesse. Marsaili, son premier amour, vit aujourd’hui avec Artair. Alors que Fin poursuit son enquête, on prépare sur le port l’expédition rituelle qui, chaque année depuis des siècles, conduit une douzaine d’hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs. Lors de son dernier été sur l’île, Fin a participé à ce voyage initiatique, qui s’est dramatiquement terminé. Que s’est-il passé alors entre ces hommes ? quel est le secret qui pèse sur eux et resurgit aujourd’hui ? Sur fond de traditions ancestrales d’une cruauté absolue, Peter May nous plonge au cœur de l’histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod. Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes : l’auteur tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page. »

J’ai tout aimé dans ce roman : l’atmosphère, le personnage principal de l’enquêteur qui revient sur les lieux de son enfance non sans appréhension, l’intrigue rudement bien ficelée qui nous induit très souvent en erreur sans que cela ne paraisse invraisemblable,  les descriptions des paysages, alliance de tourbe, brume et rochers, … la fin ! J’ai aimé aussi l’écriture et la construction du roman qui n’est évidemment pas linéaire car le présent et le passé sont imbriqués du début à la fin.

De plus,  c’était vraiment une lecture en osmose avec le temps gris de novembre et j’ai apprécié de lire ce livre le soir, sur le canapé, une tasse de thé chaud pas loin et le plaid – ou le chat – sur mes jambes. Je l’ai terminé hier soir et je me suis empressée ce matin d’aller acheter le 2° tome, L’Homme de Lewis.

ENTRE CHIENS ET LOUPS, Malorie Blackman

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Voici une nouvelle lecture faite pour mes élèves de 4°, mais je devrais dire une relecture : j’avais découvert ce roman il y a une dizaine d’années, il faisait partie de la sélection du Prix des Incorruptibles 5°/4° et j’avais aimé le postulat de départ de cette histoire : un monde inversé dans lequel les noirs seraient au pouvoir, seraient les dominants et les blancs, les soumis, les rebuts de la société. Sujet audacieux et extrêmement bien traité, comme une réécriture de Roméo et Juliette avec pour trame principale la question du racisme. Callum et Sephy, les héros adolescents de ce premier tome, sont très attachants et on suit leur histoire d’amour à travers leur regard (alternance de courts chapitres, comme des extraits de journal intime des deux protagonistes).  L’intrigue politique est forme et l’affrontement Nihils et Primas est constant et donne lieu à des scènes violentes. Mes élèves ont vraiment apprécié cette lecture, ils ont trouvé que le thème était dur et les événements qui touchent les personnages profondément injustes. Ils ont aimé être malmenés : comme si on les avait obligés à changer de peau et à se rendre compte de ce qu’était le racisme au quotidien… Bref, je suis ravie des échanges constructifs qui ont émergé de cette lecture.  J’espère que certains iront lire les deux autres tomes de cette trilogie.

SNOOD POUR L’HIVER

Je voulais un snood que je puisse enrouler deux fois autour de mon cou pour les matins frisquets ! J’ai pris des pelotes rouges brillantes d’un ancien Chouette Kit que je n’avais pas utilisées que j’ai associées à une pelote noire Phil light. Pour le tuto, j’ai pris celui d’une écharpe très longue que l’on peut relier pour faire un snood issu du Chouette kit n°9.  J’aime le motif quadrillé. Et voilà le résultat :

Vous constatez la difficulté que je rencontre pour parvenir à mettre en valeur le snood en le prenant en photos ! Mes essais ne sont pas concluants, mais au moins vous avez une idée du snood et de ses couleurs !

COEUR CERISE, Cathy Cassidy

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Vous l’aurez compris, j’ai lu – ou relu – dernièrement les livres que j’ai donnés à lire à mes élèves. Aujourd’hui je viens vous parler d’un titre tout chamallow : Coeur cerise !

De quoi s’agit-il ?   » Cherry, 13 ans, et son père Paddy s’installent en Angleterre chez Charlotte, sa nouvelle compagne qui a quatre filles : Coco, 11 ans ; les jumelles Summer et Skye, 12 ans, et Honey, 14 ans. Cherry est ravie de faire partie d’une famille nombreuse. Mais, à peine arrivée, elle craque bien malgré elle pour Shay, le petit copain de Honey. Voilà qui ne va pas arranger la cohabitation déjà difficile avec Honey, la seule à ne pas accepter l’arrivée de son nouveau beau-père ! Alors que tous participent à la création d’une fabrique artisanale de chocolats, Cherry se retrouve partagée entre l’affection pour ses nouvelles sœurs et le charme irrésistible de Shay… »

Vous l’aurez compris, il s’agit d’une lecture fleur-bleue qui fonctionne à merveille : ça se dévore comme les chocolats dont il est question dans le livre et si ça vous a plus, vous pouvez continuer avec les autres tomes de la série : Coeur Guimauve, Coeur coco, Coeur cookie (je vous jure que je n’invente rien !). Il y a même une adaptation en bande dessinée. Je dois avouer que j’ai été bon public et que j’ai apprécié cette lecture que j’avais donnée avec quelques réticences pourtant. Mais l’enthousiasme de certaines élèves ce matin me confirme que j’ai eu raison de glisser ce titre dans la liste des « histoires d’amour ».

LE PAVILLON DES ENFANTS FOUS, Valérie Valère

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 » A treize ans, Valérie Valère a été internée au pavillon des enfants fous d’un grand hôpital parisien. A quinze ans, elle écrit le récit de ce séjour. Son livre n’est pas seulement une vision du monde hospitalier, des traitements pour les malades mentaux, le cri pathétique d’une adolescente de treize ans qui, un jour, a refusé toute nourriture : elle prend conscience des raisons profondes qui l’ont amenée au comportement suicidaire qu’est l’anorexie. »

La 4° de couverture annonce le récit d’une guérison…malheureusement on sent bien que cette guérison est précaire et que cette jeune fille est loin d’être guérie définitivement en sortant de l’hôpital après y avoir passé 4 mois très difficiles. Ce récit est dur, on sent que les souffrances sont encore à vif. Valérie Valère a écrit ce récit autobiographique en 3 jours, elle ressentait le besoin de mettre sur le papier ce qu’elle avait vécu afin de s’en décharger car elle avait du mal à avancer dans sa vie d’adolescente confrontée à une mère qui n’est pas aimante, à un père absent…C’est ce manque d’amour qui explique en partie ce qui l’a menée dans ce Pavillon des enfants fous : un manque d’amour qui s’est transformé en phobie de la nourriture sans qu’elle s’en rende compte au départ, mais ensuite on perçoit chez elle une envie de fondre, de disparaître qui fait terriblement mal au coeur…des envies suicidaires viennent régulièrement la tarauder…jusqu’à ce qu’elle meure à l’âge de  21 ans d’une overdose médicamenteuse.

Certains à l’époque la voyaient comme une auteure précoce – elle a écrit d’autres ouvrages suite au Pavillon des enfants fous – et qui aurait dû jouer un rôle majeur dans le paysage littéraire des années 80-90 si ses démons ne l’avaient pas rattrapée.

C’est une lecture faite pour mes élèves de 3° : séquence autour de l’autobiographie.