UN CRI D’AMOUR AU CENTRE DU MONDE, KYOICHI KATAYAMA

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Cela fait longtemps que je n’avais pas lu d’auteurs japonais et ce petit roman qui date de 2008, Un Cri d’amour au centre du monde,  a été l’occasion de retrouver cette littérature que j’aime tant : le thème n’est pas forcément des plus joyeux, on est entre Love story et Nos Etoiles contraires, vous voyez ce que je veux dire ? Oui, une belle histoire d’amour entre jeunes lycéens qui ne peut pas se vivre jusqu’au bout car l’un des deux tombe gravement malade… L’intérêt de cette histoire tient aux choix narratifs de l’auteur : Sakutaro se souvient… mais aussi à la qualité de la langue qui fait de chaque mouvement de branches, de chaque rencontre entre Sakutaro et son grand-père, de chaque pierre ajoutée à l’histoire entre Sakutaro et Aki… un moment de grâce, de poésie, une petite bulle unique qu’on a envie de préserver au maximum afin qu’elle n’éclate pas, le tout raconté avec la plus grande pudeur, on est ému mais on ne se sent pas pris en otage par une émotion trop tournée vers un pathos souligné à grands traits, du tout.

J’ai vraiment aimé ce roman – best-seller au Japon adapté au cinéma et en manga – que je compte bien proposer à mes élèves de 4°: il n’y a pas d’âge pour découvrir la littérature japonaise autrement que pas les mangas je veux dire ! Merci Stephie pour ce conseil lecture que tu avais donné l’an passé je crois 😉

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CELLE DONT J’AI TOUJOURS REVE, Meredith Russo

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Voilà un roman qui aborde un sujet très délicat et dont on entend pourtant souvent parlé : les adolescents transgenres. Dans « Celle dont j’ai toujours rêvé », Amanda, 18 ans, est née Andrew. On apprend qu’elle quitte la ville dans laquelle elle vivait chez sa mère car elle a subi une grave agression. Elle va vivre chez son père qu’elle n’a pas vu depuis 6 ans mais qui a accepté qu’elle vienne chez lui. L’histoire n’est pas racoleuse, ni sensationnelle, elle est juste touchante : on a le coeur serré tout au long de ce récit car nous en savons plus que la plupart des personnages qui entourent Amanda et cela crée une tension terrible. Amanda est terriblement attachante de par sa fragilité mais aussi de par sa force de caractère : elle a longtemps vécu prostrée, mal dans sa peau de garçon qu’elle savait définitivement ne pas être la sienne, elle a traversé des épreuves très douloureuses et malgré cela elle est là, débout, prête à croire qu’elle peut vivre une vie comme tous les autres…c’est un personnage admirable qui croisera sur son chemin des gens respectueux mais aussi, vous vous en doutez, des personnes malveillantes. Je trouve que le sujet est abordé avec délicatesse sans le côté racoleur des émissions tv. Je n’ai pas tout apprécié dans l’histoire car certains passages sont cousus de fil blanc, mais je conseille malgré tout la lecture de ce roman qui fait la part belle à l’amitié, à l’espérance, à l’amour et à la tolérance.

DANSER AU BORD DE L’ABIME, GREGOIRE DELACOURT

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Emma est une femme heureuse, mariée depuis des années à Olivier, avec qui ils ont traversé l’épreuve de la maladie. Ils ont 3 enfants. Une vie ordinaire, sans frisson… Jusqu’au jour où Emma chavire pour un homme : elle l’aperçoit dans une brasserie, un geste de sa part lui fait tourner la tête… et si… ? Elle retourne chaque jour dans cette brasserie, il y est lui aussi ; pendant des jours ils ne font que se frôler du regard, ils n’osent pas se regarder. Puis ils échangent quelques mots, ils sont  plus que troublés… et si c’était le on moment de se rencontrer ? Quelle décisions va prendre Emma ? Quelles conséquences dans sa vie ? …

Au départ, j’ai cru que le roman allait raconter une énième histoire d’adultère, mais Danser au bord de l’abîme est bien plus que ça, car on ne s’attend absolument pas aux chemins qu’a décidé d’emprunter l’auteur ! J’ai dévoré ce roman et je l’ai trouvé très beau : le parallèle avec l’histoire de La chèvre de Monsieur Seguin est bien trouvé et les petits rappels au fil de la lecture fort éclairants. Certes, on peut regretter des invraisemblances ou des accumulations de faits improbables…mais on peut aussi se laisser embarquer dans cette histoire émouvante d’une femme qui a voulu s’épanouir et qui va en payer les conséquences sans avoir vraiment goûter au bonheur auquel elle aspirait…

AU PREMIER CHANT DU MERLE,Linda OLSSON

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 » Déception sentimentale ? Lassitude de vivre ? Élisabeth Blom s’est retirée du monde. Sitôt installée dans sa résidence de Stockholm, elle a débranché la sonnette et fermé sa porte à double tour. Porte à laquelle Elias, son voisin, se décide un jour à frapper, pour lui remettre son courrier. Car lui aussi s’appelle Blom… Cet incident sortira-t-il Élisabeth de sa pénombre ? Ou faudra-t-il attendre un drame – et l’intervention inattendue d’Otto, libraire à la retraite – pour faire entrer la lumière dans son appartement ? Au seuil de l’été nordique, le chant du merle annonce les beaux jours. C’est le thème, vibrant, de la partition nouée par Linda Olsson pour ces trois solitudes. Éloge du premier pas, ce récit d’une rééducation sentimentale est aussi une invitation au voyage nommé lecture. »

Ainsi est présenté ce roman, qui m’a été prêté par une de mes copiNETtes : elle me l’a gentiment envoyé accompagné d’une tablette de chocolat, les deux ont été dévorés rapidement !

J’ai aimé cette lecture pleine de sensibilité et de douceur. Les personnages sont attachants, chacun ancré dans une certaine solitude dont ils vont s’extraire mutuellement pour sourire à la vie. Une lecture qui pose la question de ce bonheur après lequel beaucoup de gens courent… Et s’il était à portée de main, s’il se cachait dans les choses simples de la vie quotidienne… ?

CROIRE AU MERVEILLEUX, Christophe Ono-Dit-Biot

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J’avais tellement aimé Plonger que je n’ai pu résister longtemps : j’avais hâte de savoir ce que César et son fils Arthur étaient devenus et aussi comprendre ce que l’auteur souhaitait apporter avec cette « suite » de Plonger.

Honnêtement la magie opère encore une fois grâce à cette langue poétique, gaie, enivrante que l’auteur manie si bien et qu’il met au service d’un récit sensible et onirique : César a vieilli, il est toujours en deuil, la douleur est encore très vive… Cela vaut-il le coup de continuer à vivre ? La noirceur des premières pages est vite effacée par la mise en place d’une sensualité inattendue dans cet ouvrage et d’une nostalgie bienveillante. Se pose alors la question de « croire au merveilleux »… : folie, issue de secours, renaissance…

A lire absolument si vous avez aimé Plonger.

ENTRE CHIENS ET LOUPS, Malorie Blackman

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Voici une nouvelle lecture faite pour mes élèves de 4°, mais je devrais dire une relecture : j’avais découvert ce roman il y a une dizaine d’années, il faisait partie de la sélection du Prix des Incorruptibles 5°/4° et j’avais aimé le postulat de départ de cette histoire : un monde inversé dans lequel les noirs seraient au pouvoir, seraient les dominants et les blancs, les soumis, les rebuts de la société. Sujet audacieux et extrêmement bien traité, comme une réécriture de Roméo et Juliette avec pour trame principale la question du racisme. Callum et Sephy, les héros adolescents de ce premier tome, sont très attachants et on suit leur histoire d’amour à travers leur regard (alternance de courts chapitres, comme des extraits de journal intime des deux protagonistes).  L’intrigue politique est forme et l’affrontement Nihils et Primas est constant et donne lieu à des scènes violentes. Mes élèves ont vraiment apprécié cette lecture, ils ont trouvé que le thème était dur et les événements qui touchent les personnages profondément injustes. Ils ont aimé être malmenés : comme si on les avait obligés à changer de peau et à se rendre compte de ce qu’était le racisme au quotidien… Bref, je suis ravie des échanges constructifs qui ont émergé de cette lecture.  J’espère que certains iront lire les deux autres tomes de cette trilogie.

COEUR CERISE, Cathy Cassidy

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Vous l’aurez compris, j’ai lu – ou relu – dernièrement les livres que j’ai donnés à lire à mes élèves. Aujourd’hui je viens vous parler d’un titre tout chamallow : Coeur cerise !

De quoi s’agit-il ?   » Cherry, 13 ans, et son père Paddy s’installent en Angleterre chez Charlotte, sa nouvelle compagne qui a quatre filles : Coco, 11 ans ; les jumelles Summer et Skye, 12 ans, et Honey, 14 ans. Cherry est ravie de faire partie d’une famille nombreuse. Mais, à peine arrivée, elle craque bien malgré elle pour Shay, le petit copain de Honey. Voilà qui ne va pas arranger la cohabitation déjà difficile avec Honey, la seule à ne pas accepter l’arrivée de son nouveau beau-père ! Alors que tous participent à la création d’une fabrique artisanale de chocolats, Cherry se retrouve partagée entre l’affection pour ses nouvelles sœurs et le charme irrésistible de Shay… »

Vous l’aurez compris, il s’agit d’une lecture fleur-bleue qui fonctionne à merveille : ça se dévore comme les chocolats dont il est question dans le livre et si ça vous a plus, vous pouvez continuer avec les autres tomes de la série : Coeur Guimauve, Coeur coco, Coeur cookie (je vous jure que je n’invente rien !). Il y a même une adaptation en bande dessinée. Je dois avouer que j’ai été bon public et que j’ai apprécié cette lecture que j’avais donnée avec quelques réticences pourtant. Mais l’enthousiasme de certaines élèves ce matin me confirme que j’ai eu raison de glisser ce titre dans la liste des « histoires d’amour ».

JE SUIS LA, Clélie Avit

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« « Ça fait vingt semaines que je suis seule, seulement six que je m’en rends compte. Et pourtant, j’ai l’impression que ça fait une éternité. Ça passerait peut-être plus vite si je dormais plus souvent. Enfin, si mon esprit se déconnectait. Mais je n’aime pas dormir. »
À la suite d’un accident d’escalade en montagne, Elsa est plongée dans le coma. Tandis que l’espoir de son réveil s’amenuise de jour en jour, que ses proches et les médecins commencent à baisser les bras, un jeune homme, Thibault, pénètre par erreur dans sa chambre. Traumatisé par le sort de son frère, qui a renversé deux jeunes filles en voiture, Thibault décide de se confier à Elsa et noue une relation avec elle, malgré son mutisme. Est-il à ce point désespéré de lui-même ? Ou a-t-il décelé chez elle ce que plus personne ne voit ? »

Ca sonne un peu fleur bleue, guimauve et bons sentiments comme ça mais j’ai été agréablement surprise par ce petit roman que j’ai lu d’une traite. Je pense que c’est une belle histoire d’amour qui devrait séduire un public aussi bien ado qu’adulte. Les sujets abordés sont davantage tournés vers des trentenaires c’est vrai, mais l’histoire du frère de Thibault concerne tout le monde, interroge , est sujette à débat ainsi que le cas d’Elsa qui ne peut laisser indifférent. C’est un livre facile à lire – une fois de plus on retrouve une alternance de points de vue d’un chapitre à l’autre ce qui rend la lecture dynamique – que je proposerais bien à mes élèves de 4° en lecture cursive puisqu’il vient de sortir en poche. A tester pour voir comment ils réagissent à la lecture de ce récit.

Ce roman a reçu le Prix Nouveau Talent 2015.

ELEANOR & PARK, Rainbow Rowell

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Voilà un roman jeunesse qui m’a été conseillé l’an passé sur mon forum chéri (!) et que j’ai dévoré en deux jours la semaine dernière. Il s’agit d’une belle histoire d’amour entre deux adolescents mais pas que…

 » 1986. Lorsque Eleanor, nouvelle au lycée, trop rousse, trop ronde, s’installe à côté de lui dans le bus scolaire, Park, garçon solitaire et secret, l’ignore poliment. Pourtant, peu à peu, les deux lycéens se rapprochent, liés par leur amour des comics et des Smiths… Et qu’importe si tout le monde au lycée harcèle Eleanor et si sa vie chez elle est un véritable enfer, Park est prêt à tout pour la sortir de là. »

Ce que j’ai particulièrement apprécié c’est le style qui n’est absolument pas gnangnan, qui ne prend pas les adolescents pour des écervelés. Cette histoire qui se noue entre ces deux jeunes gens atypiques est traitée sobrement ; l’alternance de points de vue – procédé narratif fréquent c’est vrai – est justifié ici tant ces deux êtres sont introvertis et qu’il est parfois difficile de savoir ce que chacun pense : voir l’histoire à travers leur regard permet d’avancer à leur rythme et de craindre en même temps qu’eux ce qui pourrait mettre fin à leur histoire… car on ne cesse de redouter un retournement de situation et on tourne les pages avec appréhension, se demandant si c’est pour maintenant ou pour plus tard !  Nous ne sommes pourtant pas dans un thriller, j’ai pourtant ressenti ce petit picotement qui vous empêche de refermer le livre alors que tout le monde vous attend pour passer à table !! Une belle lecture jeunesse, il ne faut pas passer à côté !